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 deera#2 - once as a tragedy and again as a farce

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Il n'y a qu'une seule personne au monde pour pouvoir réparer son gant, et elle n'habite pas à Central. C'est une vieille femme qui s'appelle Geraldine qui a des mains fripées et aussi dures que le cuir, des yeux quasi-aveugles et un sourire auquel il manque quelques dents. Il lui passe souvent commande et doit voyager pendant plusieurs heures à moto pour la trouver, elle habite dans une petite ville qui s'appelle Arnes, il n'y a pas grand-chose sauf l'énorme bazar qui attire, tous les deux mois, un nombre plutôt impressionnant de touristes, d'hommes d'affaires et parfois de délinquants. Dagan a véritablement besoin de ses gants alors il accepte de faire le voyage — et secrètement, il aime beaucoup ça, s'éloigner un peu, prendre l'air. Il est tranquille parce qu'Hakim passe la journée avec leur père, donc il n'a pas à s'inquiéter. Il a déposé ses vieux gants, ainsi que la moitié de l'argent qu'il lui doit, à la vieille ce matin et maintenant il se balade tranquillement dans les rues de Arnes, mains dans les poches, observant ce que proposent les différents étalages sans faire mine de rien acheter. Ici, personne ne vient l'embêter, le reconnaître, l'interpeller, il peut simplement être lui-même, même si lui-même n'est pas sûr de ce que ça veut dire. Il continue de flâner, regardant de temps à autres sa montre avec impatience, et son intérêt semble seulement être capté quand il s'arrête devant un étalage qui vend plein de babioles différentes. Tout se retrouve toujours à Arnes, c'est ce que tout le monde dit — Dagan a entendu parler de gens se faisant voler leurs voitures et motos et les retrouvant des mois plus tard sur le bazar d'Arnes. C'est l'impression qu'il a en s'arrêtant devant le stand et en voyant le collier.
Il tend le doigt, se fait châtier par le vendeur, grogne en sortant quelques stellars de sa proche, il s'énerve, commence à hurler et puis finalement les deux se calment alors que Dagan paie le double de ce qu'il lui doit pour récupérer le collier.

Le pendentif est le même motif qu'il a d'étalé sur le torse.

Et au moment où il pense ça, sa soulmark commence à lui faire mal. Il n'a même pas le temps de réfléchir au fait que Hakim lui a répété sans fois qu'il pensait que ça le liait à Scar. Il n'a pas le temps de réfléchir au fait que la douleur veut dire qu'elle est dans les parages et...
Aussitôt, son esprit est envahi par une tonne de pensées à la seconde. Les pensées de Meera, foutue Meera. Depuis l'accident du Lobster sur Terre, la panne d'électricité sur Sigan et les séismes sur Altea, ils peuvent communiquer par la pensée quand ils sont proches. Quand la Marque lui fait mal. Elle doit l'entendre — il entend son nom, le sentiment de peur et d'agacement et de fureur qu'elle ressent à son propos — et Dagan se met aussitôt à courir, la nausée au ventre parce que la douleur s'intensifie, comme toujours. Elle coure aussi mais avec leurs esprits connectés, elle a peu de chances de lui échapper. Tant mieux. Il va l'avoir cette fois. Il y a quelqu'un avec elle, il n'arrive pas à comprendre qui. Tout est confus. Sa tête lui fait mal, il ne sait pas pourquoi il court, mais il court.

Il la coince dans une petite allée. Elle ne le voit pas venir — elle est inquiète, il y a quelque chose d'important, la personne qui l'accompagne. “ Hakim? ” Mais ce n'est pas Hakim, c'est quelqu'un d'autre, et il se détourne avant que Dagan n'ait eu le temps de dire ou faire quoique ce soit. Il s'occupera de ça plus tard, en attendant, Dagan se jette sur Meera pour la plaquer contre un mur et s'occuper d'elle et l'instant suivant ils tombent, il n'y a pas de mur. Ils atterrissent sur un lit de feuilles, la température a monté d'une dizaine de degrés, l'air se fait s'étouffer Dagan et Meera est toujours là. Elle l'a effleuré en se débattant, griffé sa gorge, mais le simple contact a aussitôt arrêté la douleur et le flux de pensées, il peut enfin respirer. “ What the fuck have you done? ” grogne-t-il en l'attrapant au col, armant un poing pour lui écraser au visage.



HE WAS DREAMING AGAIN. DREAMING OF HER. In all his dreams, he hunted her. Always he chased, and always he caught her. In the good dreams, he slammed her to the ground and throttled her, watching the life drain from her eyes, heart full of vengeance—finally, finally. In the bad dreams, he kissed her.
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Bebe a quelqu’un à lui présenter, à lui montrer. Il lui a dit ça avec un joli sourire qui montrait un peu ses dents et lui donnait un air encore plus jeune que d’ordinaire. Meera aime beaucoup Bebe donc elle a bien voulu monter dans son camion et partir à l’aventure pour aller rencontrer cette mystérieuse personne, sans se poser trop de questions. Il l’emmène dans un village dont elle n’a jamais entendu parler. Tant mieux, parce que si Meera n’a pas posé de question, préférant laisser tranquille la surprise de Bebe, elle pense que c’est important, et elle préfère ne pas être à Cosmopolis, là où il y a trop de monde, trop de gens qui haïssent les Sister Morphine et donc elle. Trop de distraction. De toute manière, avec Bebe, elle aime bien sortir de la ville, elle aime bien essayer d’être Ameera plutôt que Meera the Spider. Elle a un petit sourire distrait sur les lèvres quand elle saute hors du camion, voit Bebe pianoter sur son téléphone, il a beaucoup parlé sur le trajet (comme d’habitude) et elle peut voir que c’était un effort pour lui de ne pas mentionner qui ils vont voir. Il n’a pas trop à tenir sa langue longtemps ceci dit, parce que quand il relève les yeux avec un sourire vers quelque chose repéré par-dessus l’épaule de Meera, celle-ci se retourne et comprend pourquoi ils sont là. Enfin, non, elle ne comprend pas. Elle ne comprend rien.

Hakim? ” Mais elle sait déjà que non. À l’instinct, elle sait que ce n’est pas lui (et pas juste parce que ses cheveux ne sont pas de la même couleur ou longueur que la dernière fois qu’elle l’a vu dans les rues de Cosmopolis). C’est le Neha d’Hakim. Jumeau cosmique. C’est… Le cœur de Meera s’arrête de battre quelques instants, elle a l’impression qu’elle va suffoquer, une impression qui ne la quitte pas, même quand son palpitant se remet en mouvement, à un rythme beaucoup beaucoup trop rapide. “ Ashkar ”, à peine un murmure totalement abasourdi, avant qu’elle ne chancelle en avant, vers lui, vers ce qu’elle pense, croit, espère être lui. C'est impossible. Elle s’arrête avant de l’avoir atteint pourtant, submergée en plus de sa propre tornade d’émotions et de pensées qui se mélangent et se marchent dessus, d’une seconde qui ne lui appartient pas. Douleur, haine, colère. Dagan. “ No, no, no, ” pas lui, pas maintenant. Quelles sont les chances pour qu’il soit là, dans ce trou paumé où elle n’a littéralement jamais mis les pieds avant en même temps qu’elle. Mais elle sait que c’est le cas, elle sait que c’est vrai, elle sait que c’est lui parce que c’est pas Neha et que y a qu’avec lui, de tous les membres de son cluster que ça fait ça. Il faut qu’elle coure, il faut qu’elle fuie, qu’elle s’échappe avant qu’il ne vienne finir ce qu’il n’a de cesse de commencer, elle le sent déjà la chercher, se concentrer sur elle, sur sa présence. Meera se sent prise au piège, attrape presque sans y penser la main du garçon que Bebe n’a même pas eu le temps de lui présenter et se met à courir à en perdre haleine. Il y a à peine du soulagement dans ses veines quand l’autre la suit, malgré l’étrangeté de la situation, elle est terrifiée, toujours le même effet quand Dagan est dans les parages. Elle le hait tellement, tellement. Il n’a pas le droit de gâcher ça. Il n’a pas le droit- Meera sent ses yeux s’embuer, elle serre les dents continue de courir, sans s’arrêter, les poumons en feu. Elle est coincée, aussi sûrement qu’elle le sent, pourrait presque dessiner une carte jusqu’à lui, il peut la suivre sans problème. Foutue connexion. Foutue malédiction.

Pas aujourd’hui, pas maintenant, Meera se surprend à supplier à une entité inconnue, le Dieu de maman, celui de Papa, elle ne sait plus. Ses parents directement peut-être. Ashkar. Ses doigts dans les siens, Ashkar, Ashkar, il faut qu’elle fasse quelque chose, il faut qu’elle lui parle, s’assure que c’est lui (elle sait que c’est lui), elle sait- Elle est coincée, elle a échoué, elle n’a plus de souffle et Dagan est là à l’autre bout de l’allée. Elle lâche la main d’Ashkar dès qu’elle s’arrête, comme pour lui dire de partir. Il faut qu’il parte. Il était son héros avant, à Ameera. Mais même si c’est vraiment lui, ce n’est pas elle ce n’est pas la même personne, elle a des ennemis qui sont trop forts, qui lui en veuillent trop,  “ Hakim? ” entend-elle Dagan demander, confus. Lui aussi doit savoir que ça n’est pas Hakim, pas vraiment — sinon sa rage décuplée à l’idée qu’elle se soit approchée de son frère, elle la ressentirait. Il doit savoir qu’il est connecté à Hakim toutefois, Meera compte sur ça pour qu’il ne lui fasse pas de mal. Elle sent le présumé Ashkar se tourner vers elle, elle sent son regard sur elle, juste avant que Dagan ne se jette sur elle. Elle croit entendre Ashkar dire quelque chose, elle se débat avec violence, attendant tout de même l'inévitable crash de son dos et l’arrière de son crâne avec le mur, mais il n’arrive jamais. Elle échoue sur quelque chose de mou qui amortit un peu sa chute.

L’atmosphère est différente, il fait très chaud soudain, “ What the fuck have you done? ” il attrape son col la soulève un peu, mais ce n’est que pour mieux pouvoir l’atteindre du poing qu’il a déjà levé vers elle. Meera ouvre de grands yeux en voyant l’environnement derrière Dagan totalement différent de celui où ils étaient il y a tout juste quelques instants. “ NO” aucune chance de les combattre cette fois, les larmes s’amassent dans ses yeux et explosent dans les coins, tombent à grosses gouttes pleines de désespoir. “ No no no no no ” elle est complètement indifférente à la prise de Dagan sur elle, tourne la tête de tous les côtés frénétiquement à la recherche du village dans lequel ils étaient, à la recherche d’Ashkar. “ Not again, no no ” elle se parle à elle-même, elle parle à la même personne à laquelle elle priait un peu plus tôt, le même Univers qui l’empêche systématiquement d’être avec sa famille. Soudain, comme dans un sursaut d’énergie, ou comme si elle venait de réaliser la présence de Dagan elle se rebelle contre son emprise, se débat, griffe, essaye de libérer un genou pour lui donner un coup de pied, “ LET ME GO YOU FUCKING- NO NO IT CAN’T BE TRUE ” Il y a un portail, quelque chose, comme la dernière fois, elle va le retrouver, elle va le passer, elle va retrouver Ashkar si c’est bien lui, elle va lui poser toutes les questions qu’elle a, elle va- Elle va- mais Dagan ne la lâche pas et il ne lui faut pas plus de quelques secondes pour se dégonfler, incapable d’y voir clair à cause des larmes qui n’ont de cesse d’inonder son visage trop longtemps resté sec.



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NO. ” Et elle pleure.

D'habitude elle gigote. Se débat, le griffe, lui rend ses coups, lui crache au visage. Ce n'est pas vraiment une habitude, c'est arrivé une seule fois et elle lui a foutu une raclée. D'habitude, ils doivent se battre et Dagan doit se rappeler pourquoi il la déteste, cette gamine qui a essayé de tuer son frère il y a des années. D'habitude... elle ne pleure pas. Et il ne sait pas quoi faire. Dagan ne pleure pas, jamais, d'une parce que c'est montrer de la faiblesse (might as well roll on your back and let the beast bite your belly), de deux parce que ça le met mal à l'aise. Alors regarder quelqu'un pleurer — et tant, les joues de Meera sont littéralement inondées — est encore pire. Il ne bouge pas ceci dit. “ No no no no no. ” Elle se débat mais pas vraiment, tourne la tête de gauche à droite mais Dagan ne se laissera pas distraire. Il se dit que peut-être l'autre va lui sauter sur le dos, Hakim-pas-Hakim mais il n'y a personne aux alentours — non pas qu'il se risque à vérifier. Il ne peut pas la quitter des yeux, c'est encore un de ses tricks, une illusion. Sa chemise colle à sa peau, il a chaud, tellement chaud, encore plus que sur Altea où le climat est plus que bon. De quoi il parle? Il est toujours sur Altea, ils sont toujours sur Altea, c'est impossible autrement.

Les autres mondes existent. Mais on ne peut pas y aller. C'est la première règle. Kareem, Jeremiah... ils sont autre part, dans des endroits inaccessibles. Comme Khalil. Dagan aurait aimé pouvoir sauver Khalil. Mais il n'a pas pu car il était trop loin. “ Not again, no no.What?! ” aboie-t-il en retour, mais elle ne l'écoute pas. Comme si ça venait d'activer son paramètre de survie, elle se met à se débattre — violemment — contre l'emprise de Dagan un peu affaiblie par la surprise. Il grogne, essaie de l'écraser de son corps, aplatir celui de Meera contre le sol pour ne pas qu'elle défasse ses jambes de l'entrelacs de leurs corps. “ LET ME GO YOU FUCKING- NO NO IT CAN’T BE TRUE. ” Et puis aussi brusquement qu'elle s'est rebellée, elle s'arrête et elle se remet à pleurer et Dagan ne sait pas quoi faire. “ Stop. STOP! ” Mais elle ne l'écoute pas et il grogne, la secoue, tire sur son col, mais rien à faire. Lentement, un à un, ses doigts se défont, il saute sur ses pieds et fait un bond en arrière pour l'éviter si elle se jette sur lui. Mais elle ne le fait pas.

Alors il a tout le loisir de regarder autour d'eux pour évaluer la situation. La température et l'atmosphère sont tropicales et les arbres... ne ressemblent à rien que Dagan connait. Ils sont si grands, ils ont plusieurs centaines d'années, et ils tapissent le ciel de leurs branches et de leurs feuilles, si bien que même si Dagan peut deviner le soleil, il n'en voit même pas la silhouette, cachée par le vert. La forêt est touffue, sauvage, l'air est piquant aussi, différent de celui de Central City. Kareem? Jeremiah? C'est ça le problème de leur groupe, c'est qu'ils sont toujours là quand il ne veut pas d'eux, et jamais là quand il en a besoin. Les yeux de Dagan retombent sur Meera qui a à peine bougé, s'est redressée un peu, les joues striées de larmes. “ What's happening? ” lui demande-t-il. Son torse le chatouille douloureusement, il comprend désormais qu'elle est associée à cette douleur — qu'elle ne la provoque pas, ceci dit. Il n'aime pas y penser. Il sait qu'elle peut le calmer ne le touchant, mais il ne bouge pas pour se rapprocher. Il s'est éloigné et en faisant ça, la douleur est revenue... quelques bribes éparses du flux de pensées aussi. Il aimerait bien rencontrer Kareem et Jeremiah pour voir si ça fait la même chose aussi avec eux. Pensée stupide: ils vivent sur d'autres mondes. “ Why are you crying? Where are we?



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Meera aurait honte, terriblement honte de ses larmes inarrêtables et amères. Elle aurait honte, tellement honte, d’autant plus que c’est devant lui qu’elle pleure. Elle aurait honte à s'en arracher la peau si elle était capable de réfléchir, de penser clairement, de faire autre chose que pleurer et sangloter, le cœur totalement brisé. No, no, no, no.Stop. STOP! ” Elle l’entend à peine, pour la première fois depuis qu’ils se connaissent sa proximité l’indiffère absolument, ne la remplit pas de rage, elle déborde trop de larmes pour ça. Il la secoue, tire sur son col, ça elle s’en rend compte, même si ça ne l’aide pas beaucoup à sortir de sa crise, à se calmer, à se reprendre, à chercher à le frapper de nouveau. No, no, no, oh God, please no. Même quand il se détache et saute à ses pieds, elle ne fait que retomber mollement au sol. Elle se relève à peine après ça, ne s’assoit que pour mieux se recroqueviller sur elle-même, les yeux trop flous pour observer leur environnement. Ça ne sert à rien de toute façon. Meera le sait. “ What's happening? ” seul un sanglot étouffé dans la paume de la main de Meera lui répond.

Why are you crying? Where are we? ” Elle ne sait pas, mais ça n’a aucune espèce d’importance. Meera ne sait pas où ils sont, l’endroit ne lui est pas familier, ni l’atmosphère, ni rien du tout. Elle ne sait pas où ils sont, mais elle sait où ils ne sont pas : à Altéa, dans Arnes avec Ashkar. Elle n’a jamais totalement compris la dynamique de la chose, pourquoi certains tombaient dans des portails et pas d’autres, jamais su comment faire machine arrière non plus, sinon elle serait retournée à Néphède bien avant d’avoir rencontré Dagan. Elle ne sait pas comment ça fonctionne, elle ne sait même pas ce que c’est mais elle sait le reconnaître. “ In another world. ” répond-elle d'une voix rauque avant de se remettre à sangloter comme si l'avoir exprimé à voix haute rendait la chose plus réelle encore. Ils ont changé de monde. Elle n’a aucun doute à ce sujet. C’est exactement comme la première fois, cette journée maudite où Meera a perdu toute sa famille aussi sûrement que si on l’avait massacrée. C’est exactement pareil, un pas de travers, un passage invisible et tout l’environnement qui change. Pour elle c’était la disparition du fog, l’apparition de verdure, les gens habillés totalement différemment, des rues méconnaissables. Cette fois c’est une atmosphère plus lourde et humide, une forêt tropicale. Ça n'a aucun sens d'être passée d'une allée d'un village d'Altéa à ça. Donc elle a forcément raison. “ Not Altea. I don't know which. ” Et très sincèrement elle s'en fout royalement. Elle pourrait avoir des soupçons si elle faisait attention aux détails, mais elle s'en fiche. Ça n'a aucune espèce d'importance pour elle, parce qu'elle sait qu'elle n'est pas chez elle. Elle n'est pas avec Ashkar. À cause de lui. C'est inutile et stupide, mais cette fois-ci c'est la rage qui lui brûle les yeux quand elle se relève d'un bond. “ You. ”  siffle-t-elle en s'approchant rapidement, attrape une des lames toujours cachées sur elle — même aujourd'hui quand elle ne devait que passer une journée agréable avec Bebe et sa surprise. “ This is your fault. ” Comme toujours, lui qui lui gâche inlassablement la vie. Elle le hait tellement. Elle sait que ça n'est pas tout à fait vrai, que c'est l'Univers surtout qui n'arrête pas de lui mettre des mondes entre elle et sa famille, de la tester. Et elle ne sait pas ce qu'elle a fait pour mériter ça. Elle trouve ça tellement injuste. Alors elle est injuste elle aussi, et rageuse et haineuse et elle se jette pratiquement sur Dagan pour lui faire payer tous les crimes qu'on a jamais commis à son égard, pommeau de la dague en avant (elle veut lui faire mal).



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In another world. ” Dagan devrait rire. Dagan devrait exploser de rire et agiter sa main et lui dire que c'est impossible, parce que ça devrait l'être. Les autres mondes ne devraient pas exister. Jeremiah, Kareem, Khalil, ils ne devraient pas exister. Ça devrait être des chimères, des impossibilités, des rêves, des paradoxes. Mais non. Dagan sait que c'est possible, sait que ça existe. Quand il a compris que Jeremiah, Khalil et Kareem n'étaient pas des illusions, il s'est penché sur le sujet, est allé sur Internet. Impossible de trouver grand-chose sur le sujet, et puis il est tombé sur un forum, sur un post en particulier, parlant de transfert. De portail. Le lendemain, le post avait été effacé et toute trace de son posteur, éradiquée.
Alors il sait que c'est possible. Il ne s'est jamais trop posé la question de comment et pourquoi; à l'époque, il voulait juste rencontrer Khalil, le prendre dans ses bras. Il ne pensait pas que ça pourrait lui arriver à lui comme ça. Et encore moins avec Meera. “ Not Altea. I don't know which. ” Dagan se dit que ça pourrait être la Terre, seulement ça veut dire qu'il n'existe que Altéa, Sigan et la Terre. Ce qui est possible, mais il imagine que si une telle théorie — des mondes parallèles qui ne le sont pas vraiment — est possible, alors il y a une infinité de mondes. L'air est humide et lourd, l'air est piquant. Oui, ça pourrait être la Terre de Jeremiah — pour vérifier cette hypothèse, Dagan essaie tentativement de se joindre à Jeremiah, penser à lui, le convoquer dans ses pensées et dans son champ de vision, en vain. Il doit être en train de dormir (il a arrêté avec la bouteille, enfin presque). Kareem est lui aussi injoignable. Il dort la journée.

You. ” Dagan, qui était en train de regarder les alentours avec des yeux plissés, se retourne pour la regarder, désormais debout, s'approcher de lui à grandes enjambées. Il se tend aussitôt, se baisse même un peu sur ses jambes, prêt à se battre. Il voit la lame scintiller et se souvient de la blessure qu'elle lui a infligé la dernière fois, grimace. Il n'a pas ses gants, mais il saura tout de même se battre. “ This is your fault. Hey- ” commence-t-il mais déjà elle se jette sur lui et il n'a pas le temps de l'esquiver, bloquant son poignet avec sa main, louchant un peu sur le pommeau (mieux que la pointe) de la dague. Il ne proteste pas après ça, elle ne lui en laisse ni le choix ni le temps, il doit se concentrer pour parer ses coups — inutile d'essayer de les éviter, elle est déjà sur lui, et rageuse. Le genre de rage face à laquelle on abandonne, on la laisse s'essouffler, se battre jusqu'à la fatigue; sauf que Dagan n'abandonne jamais. Jusqu'au moment où le genou de Meera trouve son entrejambe et qu'il se retrouve à genoux sur le sol, avec la lame de sa dague sur le cou. “ Calm down, ” dit-il d'une voix haut perchée et douloureuse, ses doigts ayant déjà volé sur son pantalon pour essayer de calmer la douleur, en vain. Elle résonne partout dans son corps, puissante et désagréable. “ We need each other right now. We need... to find our way back. Il pâlit brusquement, regardant par-dessus son épaule. Ils sont au milieu d'une forêt, il y a des arbres partout, qui sont tordus dans tous les sens, comme des bonsai mais avec l'épaisseur de tronc d'un chêne — il ne sait pas trop, tout est différent ici, les feuilles sont bleues et jaunes, et les dents de l'ours qu'il a en face de lui énormes, elles tiennent à peine dans sa bouche. Et ses yeux rouges sont fixés sur eux, il les regarde comme si ils étaient son prochain repas. “ We need to run, ” finit-il dans un murmure. “ Now. ” Et de se lever en lui attrapant la main, se mettant à courir — difficilement — le plus vite possible pour leur sauver la vie.

Ils ont couru pendant un temps interminable, finissant par grimper à un arbre, Meera bien plus vite que Dagan. Ils se sont lâchés la main, bien entendu, mais elle l'a aidé quand il ne pouvait pas se hisser sur une branche; Dagan en est mort de honte, il sent encore sa main aux ongles enfoncés dans son épaule le tirant un peu pour l'aider. Ils n'ont rien dit, regardant l'ours essayer de les faire tomber, s'inquiétant un peu d'avoir à sauter sur un autre arbre; et puis finalement, quelque chose a fait fuir l'animal. Sans doute un animal plus gros. Dagan n'a pas envie de savoir.
Ils ont mis du temps à retrouver l'endroit où ils sont arrivés. Ils n'ont pas beaucoup parlés, se sont séparés (Dagan a envisagé de l'abandonner, ou qu'elle allait l'abandonner) puis retrouvés, s'adressant un regard hostile et un hochement de tête complice. Et puis finalement ils ont retrouvé la petite clairière, et Dagan a passé des heures autour de l'endroit où il pensait qu'ils avaient été transférés, à chercher la fente, le portail, la porte vers Altéa, Arnes, Hakim, sa famille, sa vie, son monde — mais rien.

Au final, il se laisse tomber parterre, sur le lit de feuilles. Il garde sa veste sur le dos mais il ne sait pas pourquoi, parce qu'il a si chaud, sa chemise lui colle à la peau. Si le déroulement du temps est le même sur Altéa qu'ici, alors ils doivent encore avoir quelques heures de soleil — sa montre semble inutile: elle ne fonctionne plus depuis qu'ils sont arrivés. Son téléphone non plus. “ What do we do now? ” finit-il par demander à Meera, qui joue avec sa lame comme si elle avait envie de la lui enfoncer dans le crâne. Il la comprendrait bien.



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Meera va le tuer. Elle va le réduire en bouillie. Tout est la faute de Dagan, s’il ne l’avait pas coincée dans cette ruelle, s’il ne lui avait pas sauté dessus ils ne seraient jamais passés à travers un portail. Elle bout littéralement de rage et de haine — nourris par le désespoir qu’elle ressent également. Elle va le tuer. Mais Meera ne frappe pas pour tuer, parce que ça serait trop doux pour lui de finir avec une lame de dague dans la gorge, non, Meera frappe pour faire mal, le plus possible. Il bloque son poignet, mais ce n’est que partie remise, il tente de bloquer ses coups, mais elle le touche quand même un petit peu — pas du tout assez fort — quand il ne pare pas assez bien. Et puis finalement Meera décide qu’elle en a assez de ce jeu idiot et lui assez un coup rageur dans l’entrejambe qui a le mérite de le faire tomber à genoux.“ Son of a bitch, ” Meera n’attend même pas pour presser la lame de sa dague contre son cou. Elle pourrait le tuer maintenant, elle pourrait l’égorger. Elle en tirerait du plaisir, elle en est certaine, à le voir s’écouler de son sang. Elle n’a jamais aimé tuer Meera, ça n’a jamais été un plaisir, juste une nécessité, mais avec Dagan ça serait différent. Elle le hait tellement. Chaque fois qu’elle a dû tuer c’était précisément un devoir, ça n’était pas personnel, juste une question de survie. Là c’est on ne peut plus personnel, ça serait un assassinat en bonne et due forme et, sans nul doute, un soulagement. “ Calm down, ” ose-t-il argumenter d’une voix toutefois haut perchée et douloureuse, qui arracherait normalement un rire à Meera. Elle pourrait le tuer et Dieu sait qu’elle le voudrait. Mais il fait partie de son cluster. Ça pourrait la rendre folle. Elle est déjà folle ceci dit, de rage, de malheur aussi d’avoir été arrachée encore au monde où elle avait fait sa vie, mais surtout, peut-être, à son frère. Là tout de suite c’est pour les autres qu’elle a peur Meera. Jeremiah, Kareem. Ce dernier, elle doute qu’il survivrait à la perte d’un membre de son cluster, trop gamin dans sa tête, plus sensible qu’il n’y paraît. Quant à Jeremiah…elle ne voudrait pas lui ajouter un poids de plus. C’est curieux, cet altruisme soudain venant d’elle. Peut-être qu’elle tient vraiment à son cluster. Ou peut-être qu’elle a plus peur qu’elle ne voudrait l’admettre de l’effet que pourrait avoir sur elle la mort, même du membre le plus détesté, celui sur lequel elle cracherait en toutes circonstances. “ We need each other right now. We need... ” Dès qu’il bouge, elle presse un peu la dague contre sa peau pour lui en faire passer l’idée. Elle remarque bien qu’il pâlit un peu brusquement, mais elle ne lui fait pas confiance le moins du monde. C'est un menteur, un connard de première. “ We need to run, ” murmure-t-il aussitôt comme s’il avait vu quelque chose de terrible derrière elle, derrière eux. “ Now. ” Il a de la chance qu’elle recule légèrement sa main — par simple réflexe — quand il se relève brusquement et lui attrape la main en se mettant à courir sans plus d’explication.  

Meera a trop eu l’habitude de courir pour sauver sa peau, de suivre par instinct de survie en voyant d’autres rats des rues le faire pour ne pas le suivre aussitôt à la même vitesse. Elle jette tout de même un œil par dessus son épaule — comme si elle craignait encore que tout ça ne soit qu’une fausse diversion (elle ose espérer que si ça avait été le cas il aurait lâché sa main, ceci dit). Dagan n’a pas menti cependant, il fallait vraiment qu’ils partent à en croire la bave qui s’écoule du museau de l’énorme ours qui les prend en poursuite. Ils courent longtemps, longtemps, à travers une forêt interminable et incroyable qu’ils n'ont pas du tout le temps d’admirer. Ils finissent par décider de grimper à un arbre en espérant que ça suffise à se débarrasser de la bête, se lâchant enfin la main — et Meera s’en sent soulagée, mais elle se la laverait bien à la javel. Elle monte plus haut bien plus vite et lui il galère un peu, surtout sur la fin et elle a un peu hésité, mais pour la même raison qu’elle n’a finalement pas planté son couteau dans sa peau, elle l’attrape par l’épaule, ses doigts comme des griffes, pour l’aider à se hisser sur la dernière branche. Il n’a pas dit merci et elle ne l’a pas insulté.

Elle suppose que devant un ours tueur ils peuvent bien faire une trêve.

L’ours essaye de les faire tomber en poussant sur le tronc, essayant de le secouer, mais il finit par abandonner, ou par fuir, ils ne savent pas trop. Meera n’a pas très envie de savoir quel genre de bête aurait pu faire fuir celle-ci. Ils restent un temps là-haut dans les feuillages, à attendre d’être sûrs que la voie est libre et puis ils redescendent, essayent de retrouver l’endroit où ils sont arrivés. Meera pense que c’est inutile, elle avait fait la même chose quand elle était tombée sur Altéa et ça n’avait servi à rien. Mais elle le dit pas ça. Après le déni, après la crise de larmes, après la rage, elle se sent juste vide à l’intérieur, marchant, survivant par automatisme, rien de plus. Ils se séparent, explorent, se retrouvent, sans un mot, et toujours avec un regard noir — quoiqu’un hochement de tête complice puisse l’accompagner. Ils retrouvent finalement leur clairière, et Meera ne dit toujours rien quand Dagan passe des heures à arpenter l’endroit en long en large et en travers pour retrouver le portail. Elle pourrait lui dire qu’il perd son temps, qu’il trouvera rien. C’est le cas. Elle pourrait se payer sa tête quand, dépité, il se laisse choir à même un lit de feuilles, mais elle n’en fait rien. Le cœur n’y est pas. Meera a retiré sa veste depuis longtemps, elle l’a attachée autour de sa taille quand ils sont redescendus de l’arbre et elle s’est attachée les cheveux aussi pour les dégager de son visage, se donner moins chaud. Ils n’ont rien dit à ce sujet, mais elle pense qu’ils sont sur Terre. Elle n’est jamais venue ici spécifiquement à travers Jeremiah, mais c’est le même genre d’atmosphère étouffante. Peut-être qu’ils devraient essayer de contacter Jeremiah. Elle est adossée à un arbre et joue distraitement avec sa dague, regardant Dagan triturer sa montre, son téléphone, l’un comme l’autre semblant tout à fait inutiles. Comme lui. “ What do we do now? ” Elle lui adresse un énième regard noir, pondère l’idée de lui balancer sa dague à la figure, elle peut pas le tuer, mais elle peut bien l’éborgner, juste parce qu’il a osé dire we. Y’a pas de nous qui tienne entre eux, jamais. Y a pas de partenariat, pas d’alliance. Il la hait, elle le hait. Point final. Sauf qu’en dépit de sa mauvaise foi, elle comprend aussi que, quitte à être en terrain hostile, autant ne pas être seule. Dagan a pris sa main pour la faire courir, échapper à l’ours. Elle l’a aidé à grimper à l’arbre. Ils sont quittes, pourraient partir chacun de leur côté. Sauf qu’ils recherchent la même chose, Jeremiah et un portail vers Altéa peu importe ce qui arrive en premier. (Elle possède toutefois un avantage considérable à avoir sa jumelle cosmique également sur Terre). Ils sont quittes, mais Meera sait qu’ils ont pas fini de compter. Elle se tend un instant, regardant un peu à droite de Dagan, lance sans prévenir sa dague qui effleure presque ce dernier, mais bien s’empaler sur le tronc d’arbre derrière lui, emportant ce qui ressemble à une espèce de lapin avec. Elle a dû lui faire une petite frayeur au firebender. Elle ne s’excuse pas, sourit plutôt de sa prise. “ Now we survive. ” Dagan a l’habitude de vivre, avec sa petite vie parfaite de gosse de riche, son frère qui l’adore, ses pouvoirs de Warden. Meera elle, même sur un autre monde elle est dans son élément, dans la survie. Elle déteste ça, elle hait être là, mais elle y est, elle n’a pas le choix alors elle avance. “ We even have food now. ” en plaisanterait-elle presque, alors qu’elle a pour sa part l’estomac tout à fait noué.

Et puis pour manger cet espèce d’hybride de lapin dont elle s’approche désormais pour retirer la dague et l’étudier de plus près, faudrait le cuire. Faudrait du feu.
Et ça, surtout à proximité de Dagan, c’est hors de question.



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Meera se tourne vers lui mais ne lui répond pas. Elle le regarde bizarrement et puis tout d'un coup, elle lui lance une lame à la figure. Il lève une main et se met à bouger dans l'autre direction pour l'éviter... et la lame se plante dans son dos dans un arbre. “ You fucking-- ” commence-t-il à jurer, tournant la tête pour voir où la lame s'est plantée. Droit dans le cou d'un animal, une sorte de... rongeur. Un lapin? Ou un écureuil. Quelque chose entre les deux. “ Now we survive. ” Dagan tourne des petits yeux noirs en direction de Meera, n'appréciant pas le coup de pression qu'elle vient de lui mettre. Il est blême, il a eu peur, son coeur bat vite dans sa poitrine. “ We even have food now. ” Il fait la moue. Il n'a pas envie de manger un animal hybride dont il ignore le nom. Mais il n'a vraiment pas le choix si il veut garder des forces — et c'est vrai qu'il commence à avoir faim, la simple mention de nourriture faisant gargouiller son ventre d'une musique gourmande. “ We need fire, ” dit-il simplement, et il voit que Meera a les lèvres pincées et le teint aussi blême que lui à cette idée. Il ne la blâme pas. Il aurait bien aimé avoir ses gants, même les anciens, seulement ils sont encore sur Altéa. “ I take care of the fire and you skin that thing? ” propose-t-il en se relevant d'un bond. Il n'attend pas sa réponse pour aller chercher du bois. Dagan peut créer un déluge de feu du bout des doigts, si seulement il a une étincelle. Ça ne devrait pas être trop dur, pense-t-il en ramassant des pierres au hasard. Ils ont eu une semaine d'entraînement en pleine nature, quand il était encore à l'école des Wardens, alors il sait reconnaître un silex d'une autre espèce de roche mais... tout semble différent sur Terre. Il pense que c'est la Terre. Ça doit être la Terre. Il aimerait bien que Jeremiah soit accessible en cet instant précis pour lui demander.

Il revient dans la petite clairière pour trouver Meera, les mains pleines de sang, en train de s'occuper de l'animal. Il ne peut s'empêcher de grimacer en la voyant. Il a eu une semaine d'entraînement en pleine nature, mais la nourriture était servie dans des boîtes. Quand même. Il ne se plaint pas ceci dit, arrangeant le bois sec qu'il a trouvé dans une configuration qui lui semble optimale. Un feu attirera peut-être plus d'animaux, mais ils pourront aussi peut-être faire peur à quelques prédateurs... Il voit que Meera se recule quand il s'empare des bouts de silex. Il les frappe l'un contre l'autre plusieurs fois jusqu'à voir l'étincelle. Il la voit autant qu'il la sent, comme si tout son corps n'avait attendu que ça. Il ne lui en faut pas plus pour inciter le feu à se propager sur le bois, qui s'allument presqu'aussitôt dans une première flamme impressionnante et irréelle. Il entend le bruit que produit la gorge de Meera mais il ne la regarde pas pour ne pas l'embarrasser alors que les flammes se calment aussi vite qu'elles se sont énervées. Dagan rajoute du bois. Ça devrait leur durer la nuit.

Elle refuse de lui donner un couteau mais ils finissent par se faire des brochettes grossières que Dagan regarde d'un air dubitatif en les faisant griller. Ça n'a pas l'air très succulent, mais c'est de la nourriture. Pour la suite, il leur faudra de l'eau. Et ensuite... il ne sait pas. Il n'a pas envie de partir. Il veut retourner chez lui et le seul moyen, c'est par le portail par lequel ils sont passés, non? Il faudrait qu'il trouve Jeremiah mais il est toujours inaccessible. Dagan se demande pourquoi. Il voit que Meera s'est écartée du feu dès qu'elle a enfoncé sa brochette dans le sol. Il vient la lui donner quand elle est cuite pour pas qu'elle n'ait à s'approcher. Il ne la regarde pas dans les yeux. Ils ne parlent pas beaucoup — ils n'en ont pas besoin, étrangement —, ils agissent comme si ils étaient des automates sur des rails. Dagan dit juste qu'il va veiller pendant la première partie de la nuit. Elle semble méfiante mais elle finit par s'endormir après qu'ils aient mangé. Le soleil est couché depuis longtemps et il commence à faire froid, la nuit. Dagan se lève pour faire le tour de leur minuscule camp improvisé. Il y a des bruits d'animaux, au loin... mais rien qui ne s'approche. Tant mieux. Il ne pourra pas dormir cette nuit, il ne pense pas — il n'est même pas fatigué — alors peut-être qu'il laissera ce privilège à Meera. Il ne doute pas qu'il va être fatigué le lendemain et qu'elle va lui reprocher d'être lent mais bon. Elle s'est éloignée du feu, elle doit avoir peur qu'il l'utilise pour lui faire du mal. Elle dort à poings fermés mais elle frissonne, un peu, de temps en temps; se tourne et se retourne. Dagan hésite longuement avant de se lever en retirant sa veste. Il la dépose délicatement sur ses épaules avant de revenir lui-même près du feu, suffisamment proche des flammes pour que la chaleur en soit presque insupportable. Il ne quitte pas le feu des yeux jusqu'au petit matin.

Quand il se réveille, Meera n'est nulle part.

Il n'était pas sensé dormir ainsi est-il très mécontent de se réveiller d'un air confus. Vu son état, il ne doit pas avoir beaucoup dormi: le soleil n'est pas très haut dans le ciel, et il se souvient de l'avoir vu se lever de toutes manières. Il n'y a personne autour du feu — qui est mort sans sa concentration mentale de firebender, laissant derrière lui des cendres tièdes — et juste sa veste en cuir près de lui, pliée sauvagement. Il y a du sang parterre, là où elle a écorché le dîner d'hier soir, seule preuve de l'existence de Meera. Dagan se redresse en panique. Elle l'a abandonné. Elle a décidé qu'elle pouvait l'abandonner. Non, elle est allée chercher à manger. Non, elle est partie. Non, elle va revenir. Il ne sait pas quoi faire pendant quelques minutes, regardant frénétiquement autour de lui, ne voulant pas s'éloigner au cas où elle reviendrait. Finalement, il se force à respirer. Il se convainc que quoiqu'il arrive, il n'a pas besoin d'elle. Il pourrait se débrouiller seul, il voulait juste être gentil, c'est pour ça qu'il est resté avec elle (Dagan n'est jamais gentil). C'est tout. Il se calme — ou, essaie — et s'éloigne un peu pour aller se soulager. Quand il revient, elle n'est toujours pas là.

Le soleil grimpe grimpe grimpe dans le ciel et il faut chaud et il a soif. Il faut qu'il trouve de l'eau, sinon il ne va pas faire long feu. Tant pis pour Meera. Il met sa veste sur ses épaules — inutile, elle lui tient très chaud, mais il trouvera au cuir de bonne facture une utilité quelconque, il en est convaincu — avant de décider d'une direction, vers le nord peut-être. Quelque chose écrase une branche et il se retourne, prêt à se battre, quand il voit enfin Meera.

La vague de soulagement manque de le faire se noyer. Son coeur explose dans sa poitrine et la tension qui s'est immiscée dans ses épaules depuis son réveil disparaît d'un coup. Tout son visage s'affaisse, il soupire même un peu. “ Where were you? ” Il est agressif pourtant, aboie presque sa question. Ils ne parlent pas de la nuit précédente, il ne dit rien de son angoisse en se réveillant seul. Il l'étudie en s'approchant un peu, avec des petits yeux. Elle a les cheveux qui brillent et les vêtements humides. “ Did you find water?



HE WAS DREAMING AGAIN. DREAMING OF HER. In all his dreams, he hunted her. Always he chased, and always he caught her. In the good dreams, he slammed her to the ground and throttled her, watching the life drain from her eyes, heart full of vengeance—finally, finally. In the bad dreams, he kissed her.
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Meera ne peut pas dire qu’elle n’apprécie pas le regard noir que lui offre Dagan. À cause de la dague, elle imagine. Tant mieux. C’est vrai qu’elle aurait pu le prévenir avant de la lancer, mais il aurait sûrement fait un geste trop brusque et elle aurait manqué sa chance d’attraper leur proie. Et puis, il le mérite, ce coup de pression. Il le mérite largement. “ We need fire, ” argue-t-il toutefois, gâchant son plaisir même s’il ne lui apprend rien de nouveau. Elle y a déjà pensé, et l’idée même lui noue déjà l’estomac, fait perdre ses couleurs à son visage.“ I take care of the fire and you skin that thing? ” Elle hait le feu, encore plus le sien. Il n’est pas question qu’elle s’en approche. Elle serait prête à ne pas manger pour s’en tenir éloignée. Ça ne serait certainement pas la première fois qu’elle saute un repas. Elle le regarde déjà quitter la clairière, probablement pour chercher de quoi allumer un feu puisqu’il n’a pas ses gants avec lui — fait dont Meera n’est pas prête de se plaindre. Elle profite de la solitude pour essayer d’entrer en contact avec Neha, mais elle n’y parvient pas, un peu comme la fois où elle était projetée sur terre avec son cluster, le choc d’avoir passé un portail a dû bousculer un peu son esprit ou la connexion — elle n’arrive pas non plus à sentir Kareem ou Jeremiah. Elle ne s’en formalise pas, peur et panique étant ses pires ennemis, et elle s’affaire plutôt à écorcher leur viande du soir. Son coup a effectivement suffit à tuer le lapin-écureuil et la tâche est relativement simple, quoiqu’un peu longue et salissante. Mais elle a l’habitude du sang et, à choisir, elle préfère encore n’avoir que du sang animal sur les mains. C’est une nécessité, de toute façon, de se nourrir. Et dans un environnement comme celui qu’elle soupçonne fortement d’être la Terre, elle ne fait absolument pas confiance aux plantes. Elle ne voit pas Dagan revenir, mais elle l’entend, le menton toujours baissé sur sa tâche ; elle n’a pas envie de l’observer allumer son feu. Ça aussi c’est une nécessité, elle le sait. Ça ne l’empêche pas de se lever pour se planter à l’autre bout de la clairière.

Malgré ses efforts, elle ne peut que relever le regard vers la flamme beaucoup trop haute pour être naturelle avec laquelle commence Dagan et un bruit odieux qui ressemble à un couinement de frayeur étranglé s’échappe de sa gorge. Elle pense qu’il doit l’avoir entendu même s’il ne fait pas de commentaire et ne la regarde pas. Elle le hait. Lui et son pouvoir de démon. Elle le hait comme elle n’a jamais rien haï au monde. Se retrouver coincée ici avec lui est littéralement la pire des tortures, une punition de Dieu sans aucun doute. Le feu se calme assez vite, prend une taille et un flambant plus normal. Dagan lui demande un couteau pour couper le lapin enfin dépouillé, mais elle refuse ; il a une arme désormais, elle préfère garder les siennes pour elle. C’est donc elle qui découpe la viande en morceaux qu’ils plantent dans des brindilles pour les faire griller, quoiqu’elle-même se refuse à s’approcher du feu. Elle a trop faim toutefois pour refuser la viande une fois cuite et apportée par Dagan (ce seul fait la dégoûte) et elle imagine que leur journée de demain sera difficile, elle ne devrait pas tourner le dos à la nourriture quand elle ne sait pas quand ils auront de nouveau accès à quelque chose de comestible. Elle mange sans savourer, sans le regarder non plus. De toute façon, même après ils ne se regardent pas, ne se parlent pas. L’un agit, l’autre suit. Dagan annonce qu’il prend le premier shift pour veiller et elle ne répond pas. Elle pense d’abord à veiller elle aussi, parce qu’elle ne lui fait pas confiance le moins du monde, il serait capable de la laisser tomber et un ours pourrait venir la manger pendant son sommeil. Mais si aucun d’eux ne dort par méfiance, aucun d’eux n’aura de force pour le lendemain. Meera a le sommeil léger quoi qu’il en soit — effet de trop nombreuses nuits passées dans la rue à étreindre une arme, au cas où — elle n’a pas grand chose à craindre, espère-t-elle. Elle finit donc, toujours sans un mot, par prendre acte de son annonce et se rouler un boule, bien loin du feu pour dormir. Il fait froid et humide, elle aurait bien besoin de la chaleur des flammes, mais c’est impensable pour elle. La cicatrice sur son avant bras et là pour lui rappeler du danger qu’elles représentent, de manière générale, mais en sa présence à lui surtout. Même là, quand elle ne peut pas sentir leur chaleur, l'anxiété lui étreint le cœur.

Quand elle se réveille, Meera sent tout de suite un poids non-familier sur elle. Pas grand chose: une veste. En cuir, du beau cuir de bonne qualité, meilleure que la sienne. Elle se redresse pour redécouvrir l’environnement dans lequel elle s’est endormi et cette fameuse veste drapée sur elle comme une petite couverture. C’est celle de Dagan. Elle la laisse tomber au sol en se redressant rapidement, sautant presque à ses pieds, les sens en alerte. Le feu est éteint et il est affaissé devant ses restes d’une manière qui laisse à penser qu’il s’est endormi. Imbécile, il aurait dû la réveiller. Elle grogne un peu en ramassant sa veste qu’elle plie rapidement et dépose à côté de lui. Il les a tous les deux mis en danger en s’endormant sans s’assurer qu’elle prenait la relève, elle a presque envie de le réveiller pour lui hurler dessus. Mais elle a aussi très envie d’aller se trouver un coin dans la forêt pour se soulager et elle préfère donc remettre à plus tard son sermon, allant plutôt rapidement se perdre dans les buissons. Ils ont dormi, ils ont mangé, mais il leur faut de l’eau, surtout vu le climat. Sa gorge est sèche et elle sait que ça ne va aller qu’en empirant. Plutôt donc que de revenir sur ses pas elle s’enfonce un peu plus dans l’inconnu et- What are you doing here? Neha.

Ça devient facile après ça. Meera ne peut pas lui cacher son soulagement à pouvoir enfin la retrouver dans sa tête, pas plus qu'elle ne peut lui cacher sa situation actuelle. Neha ne peut masquer son inquiétude, mais elle est au moins en mesure de l'aider à trouver de l'eau. Elle n'est pas trop sûre de là où Meera se trouve exactement, mais elle est certaine que c'est la Terre. Meera aussi, parce que maintenant qu'elle a retrouvé le contact avec sa jumelle, elle la sent proche. I'll find you. Étonnement, Meera la croit. Elle a en tous cas bien raison de lui faire confiance, trouvant finalement une rivière à l'eau suffisamment claire pour qu'elle tente une petite gorgée récupérée dans le creux de ses mains, puis un peu plus avec l'approbation de Neha, avant de finalement sauter dedans en sous-vêtements pour se rafraîchir, dans un coin où le courant le permet. Elle ne reste pas longtemps, par peur des prédateurs ou, pire, que Dagan ne la retrouve. Remettant à la va-vite ses vêtements pour retourner sur le camp improvisé. Visiblement, elle a bien choisi son moment puisque Dagan semble prêt à l'abandonner. Il se retourne vers elle quand elle marche sciemment sur une branche pour le faire sursauter. Il n'a pas l'ai mécontent de la voir pourtant. Au contraire. Elle sent, comme si c'était le sien son soulagement. Elle déteste leur connexion. “ Where were you? ” aboie-t-il presque une moue fendant en réponse le visage de Meera.  “ Did you find water? ” Elle suppose que ses cheveux mouillés et ses vêtements qui ont été forcés d'absorber l'eau restant sur sa peau brune parlent pour elle. Elle aurait bien ramené un peu d'eau avec elle, mais elle n'avait aucun récipient pour ce faire et rien sous la main pour en improviser un non plus. “ Yes. ” répond-elle simplement, s'abstenant pour une fois de se payer sa tête. “ It's over there I can take you. But we need something…like a bottle. ” Il n'en aura pas sur lui non plus, évidemment. Peut-être qu'elle peut tailler un morceau de bois comme un bol, mais ça ne leur durera pas très longtemps et ne sera pas très pratique. Meera sait ceci dit ce qu'ils pourraient faire ; Neha est prête à la guider jusqu'au camp des Seekers. De là ils pourront essayer de trouver un portail pour Altéa plus stable que celui qu'ils ont emprunté. C'est ce que Neha a dit : les portails stables, ré-utilisables existent. Elle se met déjà à avancer dans la direction de la rivière. Pas besoin de se retourner pour savoir que Dagan la suit. “ Also we're on Earth. ” Il devait s'en douter aussi bien qu'elle, mais elle en a la confirmation.  “ My twin-thing. ” Elle sait qu'il va comprendre. Il en a eu un. Khalil. “ She's here. And she can help, est sous-entendu. Et Dagan en perd drôlement en utilité à ses yeux. Neha peut la guider jusqu'à ce qu'elles se trouvent et elle lui a dit ne pas penser qu'elles soient très loin l'une de l'autre, elle a reconnu la rivière dit-elle. Elle pourrait véritablement abandonner Dagan. Mais elle est retourné au camp et lui permet maintenant de la suivre. Elle lui a également probablement plus adressé la parole en moins de deux minutes que la veille.



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Yes. ” Les poils de Dagan s'hérissent sur la peau à cette mention. Elle a trouvé de l'eau. Peut-être qu'ils ne mourront pas aujourd'hui. Il est presque surpris que Meera lui réponde aussi "simplement": généralement, elle fait tout un cirque et se fout de sa gueule sans façons, l'agaçant et l'obligeant à en faire autant. “ It's over there I can take you. But we need something…like a bottle. ” Il n'en a pas avec lui, bien entendu, et il ignore comment en fabriquer. Mais il a soif, un problème à la fois, déjà il veut boire de tout son soûl jusqu'à ce que tout son corps soit rempli d'eau. Sans autre mot, Meera tourne les talons et se met à marcher et Dagan court à travers la clarière pour la rattraper sans la perdre dans la dense forêt qui les entoure. On dirait plutôt une jungle, à vrai dire, cette pensée le terrifie. Il y a beaucoup de choses dangereuses dans les jungles. Enfin, Dagan pense. Il n'en sait rien. Il n'y a aucun endroit comme ça à Altea. “ Also we're on Earth. ” Et ils ne sont pas sur Altea. Mais comment peut-elle entre être si sûre...? “ My twin-thing. ” Il hoche la tête, commençant immédiatement à garder ses émotions pour ne pas qu'elles passent dans leur malheureux lien cosmique. C'est informatif: ils sont sur Terre, elle le sait grâce à sa jumelle cosmique. Et pourtant, un éclat d'émotion: Khalil. Il y repense souvent, dans ces moments-là. Ça le rend triste, énervé, jaloux. Il déteste le fait que Meera puisse lire ces émotions en lui. “ She's here. ” Il hoche la tête, remet en bouteille son malaise. Khalil est mort. Cette simple pensée... “ Good. ” C'est sans doute la seule bonne nouvelle qu'ils auront avant longtemps. Il la suit silencieusement, essayant de garder contenance face au rythme infernal de Meera.

Quand ils voient l'eau, c'est Dagan qui se met à aller le plus vite, la dépassant pour aller se rapprocher. Il retire ses chaussures d'un coup de pied et son téléphone de sa poche et son portefeuille et ses colliers et il se jette tête la première dans l'eau. Il finit par arracher sa veste de son corps, puis sa chemise, pour se rincer le torse et le visage avant de boire à grosses gorgées. Il pense que Meera a dû boire, sinon elle l'aurait prévenu... non? Il se tourne vers elle avec des petits yeux suspicieux mais elle se détourne quand elle voit qu'il la regarde, et ne dit rien. Peu importe. Au moins il ne mourra pas déshydraté. Il profite un peu de l'eau, se détache les cheveux pour se mettre la tête dessous et en profiter, avant de soupirer d'aise en sortant de l'eau. Il dégouline de partout mais il s'en fiche, trempe sa chemise dedans avant de l'enfiler, pour rester au frais plus longtemps. Meera semble seulement accepter de le regarder quand il a fini de boutonner la chemise (ce qui ne veut pas dire jusqu'au col pour lui, loin de là). Il se passe une main dans les cheveux et les secoue un peu. Meera le regarde comme si il était un alien alors q'il remet ses affaires dans ses poches. Il a faim de nouveau mais peu importe, il ne va plus mourir de soif ou de déshydratation. Il leur faut une bouteille, des armes, une carte, quelque chose, n'importe quoi. Et après... il ne sait pas. La dernière fois, Jeremiah avait mentionné des portails. Peut-être que c'est la solution. Il n'en sait rien.

What does Neha say? ” Meera a l'air surprise qu'il connaisse le nom de sa jumelle. Difficile de ne pas le savoir quand ils sont dans le même cluster et qu'ils ont un lien si particulier. Dagan a l'impression que leur 'transfert' si on peut appeler ça comme ça a déréglé leur lien. En tout cas, Meera n'utilise plus ses talents de bodybenders sur lui et il n'a pas mal, ce qui n'est pas si terrible. Mais il sent lentement leur connexion revenir, émotions et pensées et tout le reste. C'est encore pire alors qu'elle est proche mais pour l'instant, ça devra leur suffire. “ Are we close to anything ressembling... ” Il fronce du nez. “ Civilization? ” Il essaie de convoquer ce qu'il sait de la Terre d'après Jeremiah. Le Lobster, le vaisseau, les checkpoints, la nature sauvage, les scavengers un peu partout... C'est une terre hostile, à mille lieux d'Altea. Il se met à courir quand il voit que, alors qu'il ne la regardait pas, Meera s'était mise à marcher silencieusement pour s'éloigner; il la rattrape en quelques grandes enjambées. Il attrape son bras avec violence, la fait se retourne; évite le coup de couteau qu'elle essaie de lui foutre au flanc. “ Hey. ” Il la lâche et se recule d'un bond pour éviter toute autre tentative de violence de sa part. “ We still a team, right?



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Good. ” répond très simplement Dagan, sans la remercier comme il aurait pu (s'il avait été quelqu'un de décent) le faire. Ceci dit, elle pense préférer qu'il s'en abstienne, elle ne voudrait pas qu'il se mette à penser qu'elle aussi lui devra des merci s'il l'aide d'une manière ou d'une autre pendant leur temps sur terre. Meera déteste savoir en son fort intérieur que tout n'est pas good pour lui. Ou plutôt, savoir très précisément que ça l'a touché d'entendre parler de twin-thing, de jumeau comme lui en avait un dont elle connaît le nom parce qu'elle était là quand sa perte l'a mené tout droit à l'hôpital. Il a failli devenir fou et ça l'a marquée Meera. Elle n'aimerait pas que ça lui arrive. Elle a ressenti tout ça, aussi bien qu'elle a senti l'effort de Dagan pour refermer la porte de son esprit et elle déteste ça, elle déteste ne pas savoir comme s'empêcher elle-même de la passer cette porte. Leur connexion est une véritable malédiction et plus le temps passe et plus elle semble s'approfondir et devenir incontrôlable. Ils marchent en silence et il est lent, elle le sent trop loin derrière elle, mais elle ne ralentit pas, jusqu'au cours d'eau. Dagan semble retrouver toute sa motivation dès qu'il le repère lui aussi, la dépassant en courant et retirant sans attendre ses chaussures, vidant ses poches avant de sauter dedans. Elle s'attendait presque à le voir fondre comme un démon plongé dans de l'eau bénite. Elle est un peu déçue.

Bien sûr, rationnellement, elle sait que les firebenders ne sont pas allergiques à l'eau — ça serait trop facile. Une part d'elle osait rêver que Dagan Maresh, le pire firebender qu'elle connaisse, le soit. Non seulement il ne l'est pas, mais en plus il semble se délecter de sa baignade commençant même à retirer ses vêtements sous les yeux presque choqués de Meera. Elle n'a pas du tout envie de voir ça — même si elle l'a déjà vu torse nu — et elle se détourne presque aussi, non sans pourtant avoir d'abord croisé son regard. Il la dégoûte. Elle aimerait qu'il se noie. Ce qu'elle déteste le plus de son torse nu toutefois c'est le tatouage sur sa poitrine, le symbole de la famille d’Ameera. (Sa famille, dont la pensée la brûle plus que jamais vu les circonstances. Elle ne veut pas penser à Ashkar, mais c’est si difficile de garder la boîte frappée du sceau des Kolisnychenko fermée dans son esprit quand les souvenirs et les sentiments se bousculent pour en sortir). Elle ne comprend pas plus ce que ce symbole fout sur son corps à lui que dans les rêves de Bebe. Et très franchement, elle n'a pas envie d'y penser. Elle observe les arbres et se concentre sur Neha qui lui parle du camp des Seekers et de ses amis là-bas et du fait qu'elle va se renseigner sur un éventuel portail déjà connu pour Altéa, jusqu'à ce que Dagan sorte de l'eau. Il a pris son temps et elle est passablement agacée, même si elle ne s'autorise à lui adresser un regard noir qu'une fois qu'il a reboutonné sa chemise. Il ressemble à un chien mouillé quand il secoue ses cheveux et elle le regarde comme s'il était fou quand il remet ses affaires dans sa poche bien gentiment. Il est con et il est lent et il sert à rien et en plus il n'a aucune décence. “ What does Neha say?Ça, ça l'arrête en revanche, le fait qu'il connaisse le nom de sa jumelle. Elle imagine que c'est à cause de leur lien, c'est la seule explication possible, mais c'en est une qui lui déplaît beaucoup. Elle non plus, elle ne sait pas bien fermer la porte de son esprit visiblement. Elle se demande (mais il n'y a pas de raison que ça ne soit pas le cas) si ça sera pareil quand elle verra Jeremiah en vrai. S'il elle voit Jeremiah en vrai. S'ils arrivent à survivre à la Terre. Elle espère que Neha a raison, qu'elle va pouvoir l'aider et lui trouver un chemin vers chez elle. Même si elle ne sait plus trop où ça serait chez elle, si elle se retrouvait face à un portail vers chaque monde. Elle essaye de ne pas trop y penser, de simplement faire confiance à sa jumelle cosmique, mais c'est difficile. Pendant la dernière moitié de sa vie elle n'a pu compter que sur elle-même. “ Are we close to anything ressembling... ” Il fronce du nez et elle peut déjà sentir la remarque pleine de mépris arriver. Il est insupportable. “ Civilization? ” Elle renifle un peu. Il doit trouver civilisé son monde avec tous ces gens aux pouvoirs démoniaques qui courent les rues. De toute façon, de tous les mondes qu'elle a vu jusque-là, Meera, il n'y en a pas un qu'elle trouve véritablement plus avancé que les autres. Les hommes y sont tous pourris, au final. Pour répondre à la question de Dagan Neha intervient dans sa tête, lui demande d'aller vers le sud pour voir si elle reconnaît l'endroit où ils se trouvent. Meera s'exécute en grandes enjambées suivant les directions de sa jumelle, jusqu'à ce que l'on ne l'attrape attrape son bras avec violence. Bad idea. Dagan manque de peu le couteau qu'elle allait lui planter dans le flanc. Pur réflexe, mais autant dire que si la lame avait trouvé sa marque elle n'aurait pas regretté une seule seconde non plus. Ses yeux lui crachent une haine sans nom. “ Hey. ” Il a la bonne idée de la lâcher avant qu'elle ne décide, sciemment cette fois de la planter ailleurs sur son corps et se recule comme s'il craignait justement un coup. “ We still a team, right? ” Elle pourrait presque s'étrangler sur son propre souffle. Ils n'ont jamais été une équipe. Ils sont des ennemis qui ont fait une trêve implicite parce qu'un corps sur les bras aurait été difficile à gérer et la mort d'un membre de leur cluster encore plus. Elle a pas besoin d'être atteinte de ce genre de folie alors qu'elle est en terrain inconnu. Une fois qu'ils auront trouvé le camp de Neha il se démerdera comme il le voudra. “ Don't fucking touch me. ” La dernière fois qu'il lui a pris le bras il l'a brûlée. Il n'a pas intérêt à recommencer, surtout comme ça, sans prévenir. La dague dans le flanc il l'aurait méritée. Sa voix est sans appel, c'est une condition absolument non négociable de leur collaboration temporaire. “ We're not a team. ” Elle se demande d'où il a pu sortir une connerie pareille, il doit véritablement être désespéré à l'idée de se retrouver seul sans guide. Une vraie mauviette sans ses gants magiques, il la dégoûte.

But I'm going to find Neha and something resembling civilization” la moquerie est évidente dans sa voix alors qu'elle reprend ses mots exacts, “ and I'm allowing you to follow me. ” Elle lui permet gracieusement de la suivre, qu'il n'aille pas s'imaginer quoi que ce soit d'autre. Elle doute que ça soit le cas bien entendu, parce qu'il la hait autant qu'elle le hait, mais elle a presque besoin de se laver du mot équipe. L'idée même d'être associée à lui de quelque manière que ce soit la rebute jusqu'au plus profond d'elle-même. Il ne mérite pas son aide et elle regrette déjà de la lui offrir. Pour elle c'était implicite à partir du moment où elle lui a demandé de le suivre vers la rivière. Ce n'est pas de sa faute s'il est needy et a cru qu'elle allait l'abandonner quand elle est partie un peu vite. Il n'a qu'à être plus loquace et suivre le mouvement plus rapidement. “ As long as you never fucking touch me again. ” répète-t-elle pour bien s'assurer que le message est passé. La prochaine fois, le couteau elle le plante entre ses yeux et tant pis si ça doit la rendre dingue à cause de leur cluster et tant pis si ça pousse Jer au bord du gouffre et rend Kareem fou. Elle ne veut plus jamais sentir sa main sur elle, même par-dessus vêtements et veste. La peau décolorée de son avant-bras est un argument suffisant pour lui faire passer toute envie de clémence à son égard. “ Neha, ”, reprend-elle d'une voix sèche, mais un peu moins remontée — elle est toujours dérangée par le fait qu'il ait su son nom avant qu'elle ne le prononce à voix haute en revanche et ça s'entend, et elle n'aime pas le fait qu'il le comprenne à coup sûr, à cause de leur foutu lien — “ Says she isn't sure. She's fairly sure she's been here before but she was in a group and not paying enough attention to be fully certain. But she figures we're two days max away from her camp. She can guide us. ” Ils ne sont pas une équipe. Mais pour le moment, et à son grand damne, ils sont un us. Et puisqu'il semble avoir besoin d'explications, elle les lui donne généreusement histoire de, peut-être, réussir à éviter d'autres incidents comme celui qui vient d'arriver.



knives drawn pistols blazing.
Some people steal to stay alive, some people steal to feel alive. Simple as that. I steal for freedom. I suppose that's a bit of both.
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deera#2 - once as a tragedy and again as a farce
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