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 deera#2 - once as a tragedy and again as a farce

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Dagan regrette ce qu'il vient de dire au moment où les mots quittent ses lèvres. Il ressent déjà un mélange de colère et d'embarras le prendre; dans tous les cas, ça lui comprime la poitrine et lui donne des joues un peu rouges, alors qu'il se met à froncer des sourcils comme si lui-même ne revenait pas de la connerie qu'il vient de proférer. Ils ne sont pas une équipe, n'ont jamais été une équipe. À sa grande honte, Dagan appellerait Jeremiah et Kareem... ses frères. Ils sont proches, d'une manière que lui-même aurait du mal à comprendre. Bien entendu, c'était différent avec Khalil. Et c'est différent avec Hakim. Mais il est indéniable que Jeremiah sait le rassurer comme personne d'autre, et lui a beaucoup appris. Et que Kareem le fait rire, souvent, et le détend dès qu'ils parviennent à se voir, parfois à se parler même par miroirs interposés. Meera... c'est une haine viscérale qu'il ressent pour elle. Il l'associe à la douleur et au malheur et à la failure. IL la hait, pour tout ce qu'elle représente, pour l'échec aussi qu'elle est: sa simple existence est un échec à ses yeux. Il la hait et ils ne sont pas une famille, encore moins une équipe, ils ne sont rien. Des assets. Ils s'aident. C'est tout. Ils ne sont pas une équipe, il ignore ce qui lui a pris. Comme si quelques heures et une nuit passée à s'aider allait changer quoique ce soit à leur relation haineuse et conflictuelle. “ Don't fucking touch me. ” La dernière fois qu'il lui a pris le bras, il l'a brûlée. Ils pensent tous les deux à la même chose, il n'a même pas besoin d'aller profondément dans leur lien pour le deviner. “ We're not a team. ” Il sent le mépris dans sa voix, et dans leur connexion. Elle le prend pour un lâche, une mauviette. Dagan n'est rien de ça. Il est juste dans une situation pas du tout familière, dans un environnement hostile. Qu'elle ose penser ça l'énerver. Il ferme un poing, enfonce rageusement ses ongles dans la peau délicate et fine de sa paume. Jusqu'à se faire mal. “ But I'm going to find Neha and something resembling civilization and I'm allowing you to follow me. ” La moquerie qui dégouline de son ton passe difficilement; le ton de la fin de la phrase lui donne envie de l'écraser. Si son pouvoir fonctionnait ainsi, l'air se remplirait d'ozone, signal d'alerte comme tant d'autre. Si il avait ses gants, l'air serait déjà en flammes.

Il la hait. “ As long as you never fucking touch me again. ” Il a envie de lui dire que ça n'arrivera plus jamais. Mais ce serait un mensonge. Parce qu'il a vraiment envie de la frapper maintenant, violemment, dans la tête, jusqu'à ce qu'elle ne bouge plus. Il ferme son second poing. “ Neha, ” Il aime son malaise. Il aime le choc et le dégoût qu'elle a ressenti quand il a entendu le nom de sa jumelle cosmique dans sa gorge. Il aime sa gêne, il se délecte de tout sentiment négatif qui peut l'agiter. “ Says she isn't sure. She's fairly sure she's been here before but she was in a group and not paying enough attention to be fully certain. But she figures we're two days max away from her camp. She can guide us. ” Tant mieux. Mais en cet instant précis, le sang de Dagan bat si fort à sa tempe qu'il n'entend rien. Ses tympans battent un rythme infernal. Il a envie, il a besoin, de brûler quelque chose. Il aimerait que ce soit son visage. Il ne répond pas et elle doit prendre son silence pour une approbation parce qu'elle hausse une épaule et se détourne. Dagan reste immobile et il essaie de respirer profondément et de compter jusqu'à dix à l'endroit et à l'envers et bref, de faire tout ce qu'on lui a appris pour combattre son mauvais tempérament. Il essaie, il essaie vraiment. Et puis c'est comme si le monde devenait tout rouge, incompréhensible. Il y a une bête, une bête en lui qui veut du feu et du sang et de la destruction et qui parfois, doit sortir. Il déteste ça mais ne peut que la garder en laisse; pas la tuer. Des fois elle s'échappe. Et tout d'un coup il est sur le dos de Meera et il la projette violemment au sol. Il s'est affalé de tout son poids sur elle et ça lui coupe la respiration, il espère qu'elle a mal.

Il se bat avec elle, littéralement, la maintient au sol alors que sa main la déleste de l'une de ses lames; il n'est pas stupide au point de penser qu'elle n'en a qu'une et son autre poing s'accroche à son poignet, le plaque au sol. Elle essaie de se débattre, en vain. Son autre bras appuie sur sa nuque, enfonce son visage dans la terre. Il espère qu'elle a mal. Il sait qu'elle a mal. Le bout du couteau trouve la chair tendre de son cou, sur le côté de sa gorge. “ I'm allowing you to live, ” grogne-t-il contre son oreille quand elle s'est immobilisée. Il appuie la lame sur sa peau, pas assez pour faire sortir du sang, mais assez pour faire mal. “ We're a fucking team as long as I say so. I need you. And whether you want it or not, you're going to need me to have your back. ” Il n'en sait rien, et il pense qu'ils pourraient se débrouiller chacun seuls. Mais peu importe. Elle fait mine de bouger, il enfonce un peu plus la lame. Une pointe de sang apparaît. Il aimerait en faire couler plus, pour lui faire payer les coups qu'elle lui a donnés la dernière fois, la cicatrice dans le bas de son dos, fine ligne désormais pâle qui défigure sa peau cuivrée. Il la hait tellement. “ I could fucking kill you right now. I could fucking kill you and walk away and not think twice about it. You think you're so tough, having being on the streets for so long. But me? I've been a murderer for longer than you've been a starved child. ” Il s'en fout de son histoire, de son passé, de ses expériences. Il ne sait qu'une chose: qu'elle a beaucoup à lui envier, mais que lui aussi. Il aimerait être libre. Il aimerait être aussi têtu et fort qu'elle (elle l'est, inutile de le nier). Mais peu importe. En cet instant précis, il ne pense pas à ça. Il marque un temps de battement et puis se détache d'un bond en arrière. Elle n'attend pas pour se relever, il n'en attendait pas moins de sa part. Dagan la regarde d'un air suspicieux, levant ses deux mains. Il a gardé le couteau dans sa main droite, ne réagit pas en la voyant en sortir un agilement d'un endroit qu'il n'a pas vu. Il ne pense pas qu'elle en a plus — il ne l'a pas vue utiliser plus de deux — mais il se méfie tout de même. Toutefois, il se prépare au combat; lance le couteau en l'air, le rattrape agilement pour l'avoir comme il le préfère; à l'envers comme certains diraient, la lame suivant la ligne de son avant-bras. “ Come on, ” la tente-t-il. “ Humour me, make a spark or two so we can finish this for good. ” Il préférerait qu'ils ne se battent pas, pourtant. Mais cette fois-là, il n'a pas le choix. Et sa fierté, et sa colère, et toute sa personne, l'empêche de reculer et de baisser la tête ou le regard.

☾ ☾ ☾


HE WAS DREAMING AGAIN. DREAMING OF HER. In all his dreams, he hunted her. Always he chased, and always he caught her. In the good dreams, he slammed her to the ground and throttled her, watching the life drain from her eyes, heart full of vengeance—finally, finally. In the bad dreams, he kissed her.
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Meera sent la colère de Dagan et son embarras et sa haine. Deux choses habituelles, une qui l’est un peu moins et l’amuserait beaucoup si elle n’était pas elle-même furieuse. Elle sent tout ça, mais elle entend aussi son silence, hausse les épaules et, en estimant la conversation close, lui tourne le dos. Erreur fatale. Elle fait quelques pas et puis il lui tombe dessus, se jetant contre son dos la plaquant au sol en lui coupant la respiration. Son front heurte la terre douloureusement, mais l’instinct l’emporte sur la douleur et elle essaye déjà de se redresser, de se retourner, de se défendre. Ça ne sert à rien pourtant, il est affalé sur elle et il est trop lourd pour qu’elle parvienne à faire le moindre mouvement. Elle n’abandonne pas pourtant, se tortille, et rage, voit rouge quand elle le sent s’emparer d’une de ses lames. Elle n’arrive pas à attraper l’une des autres et elle est à moitié en train d’avaler de la terre au moindre mouvement et elle a mal, mais rien ne l’enrage plus que de savoir qu’il a pris un de ses couteaux. Pire, qu’il l’utilise contre elle, une de ses lames favorite posée contre la tendre chair de sa gorge. “ I'm allowing you to live, ” elle va le tuer.  Il fait couler un peu de son sang, comme une menace silencieuse, mais il vient de l’avouer il va la laisser vivre et Meera se jure sur tout ce qu’elle a de cher dans ce monde qu’il va le regretter amèrement.

We're a fucking team as long as I say so. I need you. And whether you want it or not, you're going to need me to have your back. ” Il a tord. Meera elle a Neha pour la guider et puis elle sait se débrouiller seule, concrètement à ce gosse de riche à l’égo plus gros que le monde. Elle n’a pas besoin de lui et ils ne sont pas une équipe et si elle pouvait consentir à ce qu’il la suive il y a encore quelques minutes, maintenant elle préfèrerait se laisser couler dans la rivière que de lui rendre le plus infime des services. “ I could fucking kill you right now. I could fucking kill you and walk away and not think twice about it. You think you're so tough, having being on the streets for so long. But me? I've been a murderer for longer than you've been a starved child. ” Elle n’en a rien à foutre de sa vie, de son passé, de lui tout court. Elle ne veut pas savoir, ça ne l’intéresse pas et s’il croit lui faire peur il se trompe outrageusement. Meera a peut-être peur de son feu, mais une fois qu’il n’y a plus accès, elle n’a pas peur de lui. Des meurtriers elle en a vu des tas. Elle en est une elle-même. Et elle se ferait un malin plaisir de l’ajouter à sa liste de victimes, cluster ou pas cluster, elle n’en a plus rien à foutre. D’un bond en arrière il la libère de son poids. Erreur fatale pour lui cette fois. Elle se relève aussitôt et attrape une de ses autres lames bien cachées pour lui faire face. Dagan a toujours celui qu’il lui a volé et il le lance en l’air avant de le rattraper habilement, et Meera grince un peu des dents. Elle le trouve ridicule et cringe, à faire l’idiot. Ce genre de comportement à sa place dans un stade de Small Science (sûrement, elle-même n’y a jamais mis les pieds, plutôt mourir) mais pas dans un combat de rue. Dagan est un pseudo-rebelle, pas plus mature qu’un pré-adolescent et si il croit que son petit spectacle l’impressionne d’une quelconque façon il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. “ Come on, ” ose-t-il la provoquer. “ Humour me, make a spark or two so we can finish this for good. ” Ils vont finir ça oui, ils vont finir ça bien de la seule façon désormais acceptable pour Meera : avec le cadavre de Dagan dans la rivière. Il n’y a pas d’autres solutions maintenant. Impossible de le laisser vivre après ce qu’il a fait, de le laisser la suivre encore moins. Il va crever de sa main ou de la main d’une des bêtes sauvages de cette forêt et tant pis si ça doit la rendre folle ou si ça doit détruire Jeremiah ou Kareem. Elle est trop furieuse pour en avoir quoi que ce soit à faire. Dagan doit payer et le seul prix acceptable est sa mort. Elle sort de très agilement une autre dague de sous ses vêtements avec un léger sourire. “ You asked for it, fucking psycho ” Et elle lance la première qui malgré la tentative d’esquive de Dagan trouve son épaule. Elle pense que c’est la douleur qui déforme ses traits et sourit presque quand elle s’apprête à lancer sa seconde lame, visant cette fois son cou pour en finir comme elle l’a promis quand de nouveau elle se retrouve brusquement à terre, une douleur plus vive qu’elle n’en a jamais connu s’emparant de son flanc droit. C’est comme une dizaine de mini-lames bien acérées dans sa chair. Elle parvient à l’aveugle à planter son couteau dans l’ennemi inconnu, qui n’est donc pas Dagan, et si ça ne retire pas tout à fait son poids de son corps ça a le mérite de lui permettre de se dégager un peu et de se retourner. Ameera avait un ours en peluche quand elle était petite. Un de ces vieux trucs qui était passé entre les mains de chacun de ses frères avant les siennes, bonne réplique de ce que les gamins aimaient tant sur terre il y a si longtemps. Mais si c’est à ça que ces bêtes ont toujours ressemblé alors la réplique était on ne peut plus mauvaise. Il n’y a que la fourrure et la forme approximative de son museau pour lui faire penser à un ours, les énormes yeux rouges et les pattes à dix griffes si tranchantes lui font plus penser à un monstre venu tout droit des enfers. Il lève de nouveau sa patte vers elle et elle n’a pas le temps d’essayer d’attraper sa dernière dague cachée, c’est trop tard, elle va mourir et elle ne peut même pas fermer les yeux trop têtue pour abandonner même en face de l’inévitable et puis………l’une de ses lames préférées se retrouve enfoncée comme par miracle entre les deux yeux du monstre et juste comme ça il s’affale sur elle, immobile. Elle n’a pas le temps d’assimiler ce qu’il s’est passé qu’entre la douleur de sa blessure et le poids soudain sur sa poitrine qui l’empêche de respirer correctement le ciel bleu au dessus d’elle devient tout noir et Meera perd conscience.

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La colère de Meera semble égale à la sienne en cet instant. Son sourire rend Dagan fou de rage, ça l'énerve encore plus: si il était un animal de dessin animé, sans aucun doute que de la fumée sortirait de ses oreilles et de ses narines, son visage quant à lui a déjà une teinte rouge bien prononcée. “ You asked for it, fucking psycho. ” Elle a une habilité qu'il n'aura jamais avec une lame (il n'a jamais eu à en dépendre; il espère vraiment qu'ils vont littéralement provoquer des étincelles parce qu'alors là, elle n'aura pas la moindre chance). Une rapidité qu'il ne voit pas venir malgré tous les muscles et nerfs de son corps tendu vers elle et son propre corps, prêt à réagir au moindre geste... sauf celui-là apparemment. Dagan ne voit même pas la lame venir, il la sent juste s'enfoncer dans son épaule douloureusement et il gémit de douleur, son genou faiblissant un peu en tremblant alors qu'une main se lève aussitôt pour palper la blessure profonde et affreusement douloureuse. Ça ne fait qu'énerver la bête, qui resserre sa poigne sur son arme, concentré sur Meera qui va lancer un autre couteau... Dagan est déjà en train de s'avancer vers elle, bien décidé à changer le combat pour quelque chose au corps-à-corps auquel il est plus habitué, mais s'arrête net quand derrière le tronc d'arbre gigantesque près duquel ils se trouvent, sort un... animal.

Il n'a même pas le temps de réagir, de lui hurler de faire attention et de dégager, que l'animal — un ours, semble-t-il, vu la forme du museau et l'épaisse fourrure noire — lève une patte et, comme si elle n'était rien de plus qu'un brin de blé, écrase Meera avec force. Dagan ne réfléchit pas deux secondes, sa main qui palpait son épaule blessée venant s'emparer du manche du couteau qui en dépasse encore. Il hurle de douleur en le retirant de là où il s'est enfoncé mais il n'a pas le temps de s'attarder. Il faut qu'il réussisse, si il foire, ils mourront tous les deux. Le sort de Meera ne devrait pas l'intéresser. Mais en cet instant précis, entre la vie et la mort, Dagan n'a pas le loisir de se mentir à lui-même. Le couteau vole, accompagné d'une prière à mi-voix à un Dieu auquel Dagan n'a jamais connu, vestiges depuis longtemps oubliés d'une civilisation et d'une religion dont son père se souvient une journée par an en été. Et puis l'ours s'écroule.

Sur Meera. Dagan se met aussitôt à courir vers elle, dérapant sur le sol. Il ne prend pas la tête de réfléchir, plutôt que d'essayer de la tirer de là, il se positionne sous l'ours et en poussant sur ses jambes, renverse l'imposante bête sur son autre flanc, grognant de douleur tant il est lourd et difficile à manipuler. “ Meera. MEERA! ” Elle ne répond pas et, malgré la douleur qui pulse de son épaule et le sang qui en coule, il s'approche d'elle pour lui tapoter la joue (et puis la frapper plus franchement). Il observe la blessure à son flanc droit et blêmit un peu. Il faut qu'ils aillent autre part. Qu'il trouve un endroit pour eux deux, un endroit où elle pourra se reposer et où il pourra la soigner. Il passe un bras sous elle en grognant et finit par parvenir à la mettre sur son dos. Elle reste inconsciente tout du long et Dagan devrait s'en plaindre mais à la place il s'inquiète. Pour avoir les mains libres, il met les couteaux (après les avoir nettoyé) dans les poches de Meera et le sien dans sa bouche, pour qu'il soit facile à accéder en cas de problème. Il noue sa veste autour de sa taille et celle de Meera pour la caler contre lui et puis il avance.

Lentement. Elle est lourde. Et il est faible. Fatigué. Il revient au cours d'eau et le remonte, les yeux fixés sur les imposants rochers un peu plus loin; en s'approchant, il voit une petite cascade et en s'approchant encore plus, une sorte de grotte derrière l'eau. L'endroit est humide, mais il y a un peu de lumière, et il pense que même dans ces conditions il pourra faire un feu. Il allonge Meera avec un gémissement de soulagement et puis la déshabille, lui retire son haut du moins, sans qu'elle ne moufte (ce qui lui prouve bien qu'elle fait pas juste genre qu'elle est inconsciente pour ne pas avoir à marcher). Il va chercher beaucoup d'eau et nettoie la plaie comme il peut, sauf qu'il ne sait pas comment la désinfecter. Alors il chercher des silex et du bois pour commencer un feu, mais il ne pense pas qu'elle appréciera se réveiller avec de nouvelles brûlures sur le corps... à la place, il s'occupe de sa propre plaie ainsi. Il crie. Il hurle. Personne ne l'entend.

L'odeur le rend malade. Ça sent la viande.

Il sèche leurs vêtements et il tapote les joues de Meera et il ne sait pas quoi faire. “ The yellow leaves near the stream, ” entend-t-il et il se retourne dans tous les sens jusqu'à voir Jeremiah. “ If you chew them, it makes a paste that will disinfect the wound and help heal it. Don't keep 'em if your mouth too long or you'll get impossibly high...God bless you, Jer', ” marmonne Dagan en courant déjà pour aller chercher les feuilles jaunes en question, les foutant dans sa bouche et les mâchant à toute allure avant de les poser sur les plaies de Meera après les avoir rincées à l'eau une dernière fois. “ What is it you're doing on Earth anyway?I-I don't know. We were... We were somewhere and suddenly... are you okay? Yes. Sorry. I don't have much time. ” Dagan n'ose pas quitter Meera, même pour aller visiter Jeremiah, mais il entend que celui-ci est préoccupé. “ Can't talk right now. I'll check back on you later. You can eat the red berries from the thorny bushes, but not the black ones. Do not eat the black ones. Put your fire out as soon as it's dark. Ok, thanks-- ” Mais il est déjà parti, et Dagan est de nouveau seul. Il fait comme il a dit. Récupère les baies, en mange jusqu'à s'en rendre malade, éteint le feu. Il fait nuit noire et il veille sur Meera, l'apercevant à peine grâce à un rayon de lune. Elle respire (il vérifie constamment), son pouls est régulier. Mais elle ne se réveille pas.

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Meera grogne quelques secondes avant de se réveiller, comme un réflexe musculaire de son corps tout meurtri, mais quand elle se réveille c’est tout d’un coup, les yeux qui s’ouvrent et l’envie de se redresser tout de suite, la douleur au flanc qui l'en empêche et le froid ambiant. Elle est désorientée dans l’obscurité de ce qui ressemble à une cave, l’humidité aussi, elle ne comprend pas pourquoi elle n’a plus de vêtement pour recouvrir son torse, ni comment elle est arrivée là.
Et puis elle voit Dagan.

Lui aussi il la voit. Il l’a entendue ou bien il l’observait ou bien il a tourné la tête au bon moment. Quoiqu’il en soit, il la regarde et même si Meera ne peut pas voir grand chose, elle sait que leurs regards se croisent. “ Water, ” est tout ce qu’elle parvient à dire, la bouche trop sèche pour quoique ce soit d’autre pour le moment. Une main appuie sur la paroi la plus proche d'elle pour s'aider à se redresser, à s'asseoir un peu, récupérer un semblant de dignité — même si elle est encore trop désorientée avoir ce genre de considération pour le moment. Un concert de grognement accompagne son geste, et puis ses mains viennent aussitôt effleurer ses blessures, étonnamment pas trop sales et, c’est difficile de se prononcer bien entendu, mais elles ont aussi l’air en voie de guérison (autant que faire ce peut en si peu de temps). Quelque chose, une espèce de pâte désormais sèche qu’elle peut sentir sous ses doigts, a été apposé dessus. Ses vêtements, enfin son t-shirt, est par terre à côté d’elle et elle l’attrape difficilement en ayant l'impression de mettre tout son corps à l'épreuve alors que Dagan s’approche avec de quoi boire. Elle l’enfile rapidement, grognant toujours autant incapable en réalité du moindre mouvement sans avoir envie de hurler de douleur. Mais mieux vaut ça que de rester à moitié nue. C’est certainement une pudeur inutile quand il l’a déjà vue, touchée même certainement puisqu’elle imagine bien que ses plaies ne se sont pas lavées seules. Elle s'en rend compte désormais que son esprit se désembue doucement. Quand elle relève les yeux vers lui prête à accepter l’eau qu'il lui amène, elle est plutôt contente du manque de lumière qui l’empêche autant elle de lire dans ses yeux que lui dans les siens. Elle ne voudrait pas qu’il puisse comprendre l’étendue de sa confusion.

L’instinct revient vite, quand elle récupère le récipient (juste une pierre creuse) dans des mains tremblantes. Elle renifle l’eau sans même y penser, craignant par principe  l’empoisonnement. L’idée est ridicule bien entendue, pourquoi chercher à la tuer après l’avoir sauvée. Elle grimace, moins à cause du goût de l’eau que qu’à l’idée toute simple et évidente que Dagan l’a aidée. C'est un concept en soi si improbable qu'elle a du mal à y croire. Pourtant, il lui a même sauvé la vie si les derniers souvenirs qu’elle arrive lentement à invoquer sont fiables. Et elle pense qu’ils le sont, vu les plaies qui collent bien aux griffes de l’ours par lequel elle se souvient avoir été attaquée. “ What happened? ” demande-t-elle quand même, parce qu’elle se souvient de la lame qui l'a débarrassée du monstre mais pas du reste. “ How did we get here? ” En temps normal cette question serait stupide ; il n’y pas trente-six façons d’arriver quelque part après s’être évanouie. Mais après tout ils ont changé de monde pas plus tard que la veille et dans un moment pareil tout semble possible. Elle lui rend le verre improvisé, désormais vide et se laisse retomber sur le sol de la cave, sans toutefois fermer les yeux. Elle est fatiguée, mais elle a besoin de comprendre, elle n’a pas envie de comprendre toutefois. Elle n’a même pas envie de se souvenir. L’idée de s’être évanouie devant Dagan lui est insupportable. Si elle se souvient correctement, sa lame à elle l’a touché, juste avant qu’elle ne se fasse attaquer par la bête. Elle encore moins pourquoi il l’a sauvée. C'est incompréhensible de manière générale, mais d'autant plus dans ces circonstances. Elle ne l’aurait pas fait pour lui. Elle ne pense pas. Elle aurait pu tuer l’ours quand même, juste parce qu’il le faut, histoire de s’en débarrasser, de ne pas le croiser plus tard même en parvenant à fuir. Mais elle ne l’aurait pas porté, elle ne l’aurait pas soigné. Elle l'aurait laissé crever là. Peut-être même qu'elle ne l'aurait pas achevé. Juste pour qu'il paye jusqu'au bout. Elle pense, elle ne sait pas. L'idée d'être une personne moins bonne que Dagan a quelque chose de foncièrement dérangeant.

Meera a l’impression, très désagréable, qu’il faut qu’elle dise quelque chose, plus précisément qu’elle s’excuse ou au moins le remercie pour ce qu'elle devine qu'il a fait pour elle, mais rien ne de plus ne veut s’échapper de sa gorge qu’un énième grognement. Tout son corps lui fait mal. Mais ça aurait pu être pire. Sans lui, ça l'aurait été.

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Dagan ne peut pas s'endormir. Et ce n'est pas comme autour du feu où il s'est dormi et tout s'est bien passé parce qu'ils étaient tous les deux capables de réagir et de se sauver. Là, il ne peut pas dormir parce que si il perd conscience, Meera ne s'en sortira pas toute seule. Sans lui, elle serait morte. Sans Jeremiah, surtout. Et si il ferme les yeux... il se met dans une position délibérément inconfortable de manière à ce que sa tête tombe à chaque fois qu'il est sur le point de s'endormir, l'impression de chute dans le vide le faisant rouvrir les yeux à chaque fois. Il parvient à garder les yeux ouverts malgré la fatigue et la douleur jusqu'à ce qu'elle grogne un peu et qu'il se redresse. Au début il pense qu'il est en train de rêver mais non, elle recommence et Dagan s'approche, pour vérifier qu'elle est en vie. Est-elle en train de rêver ou de se réveiller? “ Water, ” grogne-t-elle et il faut une seconde à Dagan pour comprendre qu'elle lui parle, le lui demande. Il pourrait lui dire: go get it yourself ou alors what about it ou quoique ce que soit d'autre. Il ne doute pas qu'elle le laisserait crever si leurs rôles étaient inversés. Mais il bouge avant de réfléchir, avant de décider de la laisser mourir; va chercher un peu d'eau avec la pierre creuse qu'il a trouvé plus tôt, l'amène à ses lèvres. Il l'a entendue bouger, réalise en s'approchant qu'elle a remis son t-shirt. Il n'a pas pensé une seule seconde à sa pudeur.

Elle boit sans son aide et Dagan se recule, exactement comme si il faisait face à une bête blessée. C'est un peu le cas, il imagine. Aucun mouvement brusque, aucune faiblesse de sa part non plus. Elle est blessée, ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas dangereuse. “ What happened? How did we get here? ” Il vient prendre la pierre qu'elle a reposé pour aller la remplir d'eau de nouveau et la lui tendre. “ We were attacked by a bear. I carried you here. ” Son dos lui fait encore mal et il est épuisé. Au moins la blessure à son épaule a été cautérisée et fermée... mais il n'empêche que ça fait un mal de chien. “ I wanted to burn your wound shut but I thought you wouldn't appreciate. ” Il n'imagine pas le frisson de dégoût et, il pense, de peur qui agite l'échine de Meera. “ We're south of where we were. Maybe five miles south, something like that. Near a stream, behind a waterfall. ” Les restes du feu ont un peu enfumé l'atmosphère, et asséché quelques parois: mais c'est très humide et froid tout de même. Pas l'endroit idéal pour dormir, mais il ne pouvait pas la traîner plus loin et il leur fallait un endroit en sécurité pour s'arrêter. Elle finit une nouvelle fois l'eau, il récupère de nouveau la pierre pour aller la remplir, la repose près d'elle. “ You should lie down again and rest. If you can stay awake, I'm going to go out and look for somewhere better and drier. ” Il a besoin de se détendre les jambes et le reste du corps, et aussi il ne peut pas supporter son regard sur elle. Il ne veut pas entendre ses remerciements, sait déjà qu'ils ne viendront jamais. Il a besoin d'elle, il le lui a dit. Il a besoin d'elle et de Neha. Le reste importe peu.

Il se lève lentement, grognant dès qu'il bouge son bras, son épaule le lançant désagréablement. “ I'm keeping your knife, ” dit-il simplement, sans lui laisser le choix. Il lui faut une arme pour se protéger après tout. “ Do you want me to light a fire again for you?

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Dagan ne répond pas de suite, reprend silencieusement la pierre creuse qui leur sert de verre et s'en va chercher un peu plus d'eau, juste à l'entrée de leur petite grotte apparemment, revenant vite vers elle avec son offrande. Elle est beaucoup trop assoiffée pour ne pas l'accepter. “ We were attacked by a bear. I carried you here. ” Ses souvenirs sont donc justes. Étrange, toutefois qu'il ne mentionne pas son lancer de couteau, ce qui lui a somme toute véritablement sauvé la vie ; elle l'imagine plutôt du genre à se venter. Peut-être qu'il est trop fatigué pour ça — c'en serait presque inquiétant — ou peut-être qu'il essaye de la préserver d'un embarras supplémentaire — l'idée lui traverse à peine l'esprit, encore plus impossible que la première. Plus simplement il ne répond que strictement à chacune de ses questions, sans détails "superflus". Elle préfère cette solution-là. De toute façon, Meera ne se plaint pas de ne pas se voir rappeler qu'elle lui doit la vie. Elle le sait déjà assez bien. “ I wanted to burn your wound shut but I thought you wouldn't appreciate. ” Le frisson de dégoût qui lui dévale presque violemment l'échine est tout à fait irrépressible tout comme l'anxiété qui lui tord le ventre à cette simple idée qu'il aurait pu. Assurément, s'il l'avait fait, s'il avait osé, même pour la sauver s'entend, elle l'aurait tué au réveil. Sans aucun doute, même sans force aucune. Elle l'aurait tué de ses propres mains. “ We're south of where we were. Maybe five miles south, something like that. Near a stream, behind a waterfall. ” South. Elle ne sait plus si c'était ce qu'ils étaient censés faire, elle ne sait plus ce que Neha leur a dit; leur a-t-elle même dit quoi que ce soit ? Meera ne sait plus, elle a besoin de dormir encore, elle a mal à la tête en plus du reste du corps, sûrement à cause de ses mouvements trop brusques, du fait qu'elle n'a pas mangé depuis la veille non plus non que ça soit la première fois évidemment ni qu'elle n'ait pas connu pire, mais elle ne s'est jamais fait attaquer comme ça non plus. Et ça fatigue, ça. Ça donne faim, aussi. Elle achève son eau d'une traite, en savourant la fraicheur à défaut du goût vraiment pur. “ You should lie down again and rest. If you can stay awake, I'm going to go out and look for somewhere better and drier. ”  Il ne semble pas vraiment attendre de réponse, mais elle lui en donne une d'un vif et bref hochement de tête — qu'il s'en aille, elle préfère être seule de toute façon — et il se lève déjà, en grognant lui aussi. Elle se demande si c'est à cause de la blessure qu'elle lui a infligé. S'il ne lui a pas demandé de remerciement il a aussi eu, de manière un rien plus surprenante, pas demandé d'excuse non plus. “ I'm keeping your knife, ” c'est presque pire toutefois pour elle. Elle en a d'autres, mais Meera n'est pas prêteuse, elle ne l'a jamais été — c'est qu'elle a toujours eu si peu. Encore moins avec les gens qu'elle n'aime pas et lui, elle le déteste.  Mais cette lame a été tâchée de son sang et pourtant elle est en vie grâce à lui et si c'est le seul acknowledgement de tout ça qu'il lui demande de faire alors elle peut bien passer l'éponge et s'estimer heureuse avec ça. “ Do you want me to light a fire again for you?” Elle le regarde comme s'il était fou. Il doit l'être si sa question est sérieuse. Aussi impossible qu'une tentative d'humour de sa part puisse être, le fait qu'il soit sincère l'est encore plus. “ No. ” Sa réponse est ferme, presque outrée qu'il ait osé demander. Moins elle voit de flammes dans sa vie et mieux elle se porte. Keep that hellfire away from me. Certes il fait froid dans cette grotte et humide avec ça, mais c'est mieux que le feu, tout est mieux que le feu. Un nouveau frisson l'agite rien que d'y penser. Elle espère qu'il ne l'a pas vu, il irait s'imaginer qu'elle crève de froid.

Il s'en va après ça, sans un mot de plus ni de l'un ni l'autre et elle se rallonge, ferme les yeux, sans pour autant chercher le sommeil. Comme elle ne peut rien voir même les yeux ouverts car il fait trop sombre et que même si elle voyait quelque chose ça serait déjà trop tard — car quoi que ce soit ça voudrait dire que c'est déjà dans la grotte — elle compte sur un autre de ses sens affûté, son ouïe. La pierre est froide et ses vêtements lui collent à la peau et elle a mal, mais elle se concentre sur ses oreilles et ses oreilles uniquement. Écoute les bruits de la nature et ses silences aussi, apprend à l'entendre, à le déchiffrer comme elle l'a fait à Altéa. Meera aime le silence. Mais celui-ci n'est pas très reposant dans un environnement pareil, un qu'elle ne connaît bien. C'est au contraire plutôt inquiétant. Elle ne sait pas à quoi s'attendre. Elle était contente du départ de Dagan malgré une vague inquiétude à un moment donné quand il lui a tourné le dos qu'il ne revienne pas. Ce qui aurait fait le ravissement de la Meera d'hier a de quoi inquiéter celle d'aujourd'hui, blessée, incapable d'avancer, de même sortir de cette grotte toute seule. Mais ça ne dure pas cette crainte qu'elle se déteste d'avoir ressenti même une seule seconde. Il va revenir. Pourquoi l'avoir sauvée sinon ? Il a besoin d'elle, se souvient-elle, au beau milieu du silence. Parce qu'elle a Neha et pas lui. Quand Jeremiah sera là pour répondre à leurs appels en revanche…

Elle l'entend revenir, reconnaît son pas, le sent aussi, quelque part dans cet endroit en elle qui est relié à lui comme aux autres membres de son cluster. Elle sait que c'est lui et elle se redresse, ouvrant ses yeux en amendes sur son visage déjà mal rasé, même après un jour et demi. “ So? ” Elle n'a aucune idée du temps qu'il a mis. Quinze, vingt minutes peut-être. Pas trop longtemps. Pas assez pour qu'elle s'inquiète pour lui — y aurait-il une durée assez longue pour ça ? Elle espère qu'il a trouvé quelque chose, même si elle honnit déjà la simple idée d'avoir à s'appuyer sur lui pour avancer vers une nouvelle cachette.

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Dagan n'a pas attendu une fois qu'elle lui a répondu, l'a laissé seule sans un regard en arrière. Il a mal partout et il est fatigué et ses vêtements sont en lambeaux et il a du sang séché sur le torse et le bras et pourtant il fait un cercle assez large autour de leur cachette, finissant par trouver une autre grotte, cette fois sèche, un peu plus loin. L'endroit est sauvagement caché par quelques feuilles qui ressemblent à du palmier. Apparemment, quelqu'un a vécu ici, un survivaliste peut-être? Dagan se souvient difficilement qu'il est sur Terre et que de fait, ici, tout le monde est un survivaliste. Au début il pense que ce n'est pas un endroit viable (et si le propriétaire revenait?) mais il voit vite que l'endroit a été abandonné depuis longtemps, tout est couvert d'une épaisse couche de poussière orangée et il y a de la nourriture pourrie dans un coin que même Dagan, qui est affamé, ne tente pas d'avaler. Il y a une sac de couchage, ainsi que de quoi cuisiner quelque chose de rapide. Il y a aussi une lampe torch éteinte sur le sol que Dagan attrape mais la batterie est morte. Il se débarrasse du moisi, remet les branches de palmier en place et retourne en claudiquant vers la grotte. Au final, il pourrait juste s'écrouler là, dans cette nouvelle cachette improvisée, il en a bien envie. Mais il ne peut pas abandonner Meera. Si?

So? ” l'accueille très chaleureusement alors qu'il se traîne jusqu'à leur shelter provisoire. Dagan grogne en s'appuyant contre l'une des parois humides. “ I found something. Drier. Better. ” Il montre la lampe torche. Il a compris en sortant avec qu'elle se rechargeait avec le soleil et après un ou deux coups dans le paume de sa main, la lampe s'allume en clignotant. Il fait signe à Meera de le suivre. Il fait comme si elle était parfaitement capable de marcher avec lui, comme si elle n'était pas quasiment mortellement blessée et qu'il avait dû la traîner jusque là. Elle est trop fière pour l'admettre, il le sait. Alors il fait comme si elle n'était pas aussi lente qu'une tortue derrière lui. Il se retourne de temps en temps pour vérifier qu'elle suit et débarrasse l'entrée de la nouvelle cave pour elle, la laissant entrer en premier. Il lui désigne le sac de couchage sans rien dire. “ Rest, ” dit-il simplement, avant de retourner dehors malgré l'épuisement qui le fait voir un peu trouble dès qu'il bouge trop vite. “ I'm going to get food, ” dit-il après avoir remis les feuilles de palmier devant l'entrée, à son adresse, avant d'y aller rapidement pour ne pas avoir l'impression de perdre du temps.

Il trouve un peu de nourriture, et un peu plus. Ils restent quelques jours dans cette grotte, incapable de bouger, elle est trop blessée et lui trop épuisé pour faire quoique ce soit. Jeremiah ne peut pas venir les chercher et Neha non plus, ils sont trop occupés ailleurs, mais ils ont promis de faire tout leur possible pour venir pour eux. Juste un jour de plus, un jour de plus. C'est surtout Dagan qui sort, chasse, parfois très mal, si bien qu'elle est la seule à manger parce qu'il insiste la plupart du temps. Il n'aime pas avoir faim, il est moins habitué qu'elle, mais ils n'ont pas le choix, elle doit se remettre pour qu'ils puissent se remettre à marcher et chercher autre chose. Dagan se demande si des gens pensent à lui, sur Altea. Si Hakim... Penser à son frère le terrifie et lui donne du courage en même temps. Mais ça le désespère plus que le reste quand même.

Au bout de quelques jours, elle va chercher de l'eau alors qu'il est sorti chasser de l'écureuil. Quand il revient, elle lavé ses vêtements et son visage ainsi que la veste que Dagan a laissé derrière lui. Ils n'en parlent pas. Il ne la remercie pas, elle ne le remercie pas pour l'énorme castor qu'il est parvenu à tuer pour ce soir. Ils ne se parlent pas, quasiment, juste des mots quasiment monosyllabiques pour se comprendre, rien de plus. Il s'occupe de ses blessures, ceci dit. Tous les soirs, il la fait s'allonger, retire lentement la pâte et en remet une couche après avoir mâchouillé des feuilles jaunes. Ils s'occupent l'un de l'autre. Plus ou moins. Mais ils ne parlent pas. Un jour, il se réveille et elle est déjà debout, déjà dehors. Prête à partir, semble-t-il. Il remarque qu'il s'est réveillé sans la lame (qui appartient à Meera) qu'il garde toujours à proximité. Elle l'a dans la main quand il sort. “ Enjoying the sun? ” demande-t-il quand il voit qu'elle a les yeux fermés tournés vers le ciel.

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I found something. Drier. Better. ” A l’aide une lampe torche apparemment trouvé sur place ils s’y rendent, en y mettant un temps monstre parce que Meera ne veut pas d’aide pour marcher mais qu’elle peut à peine marcher sans. Il ne fait pas de remarque cependant, heureusement pour eux deux, puisque une dispute serait très malvenue dans un moment pareil, et elle s’écroulent presque quand ils y sont enfin, dans une autre grotte un peu meilleure que celle qu’ils ont quitté, où il lui montre un sac de couchage sur lequel elle s’allonge sans hésiter. Normalement elle n’aimerait pas beaucoup qu’il lui dise de se reposer comme il le fait, qu’il s’agisse d’un ordre ou même d’un simple conseil, de la part de Dagan elle n’en veut pas, mais elle n’a pas le courage de se battre pour une broutille, et la vérité c’est qu’elle a grandement besoin du repos. Si elle était déjà très fatiguée avant ce déménagement, la marche nécessaire pour rejoindre cette nouvelle cachette l’a totalement épuisée et elle a encore plus mal partout qu’avant. Elle sait d’ores et déjà qu’elle ne va pas pouvoir bouger le lendemain, probablement pas le jour suivant non plus. Ça l’inquiète, mais elle ne dit rien. “ I'm going to get food, ” Elle ne répond pas, hoche vaguement la tête et puis, s’endort sur son sac de couchage, qui sent mauvais la sueur d’un inconnu aussitôt, qu’elle ferme les yeux.

Elle a le temps de découvrir la grotte les jours qui suivent alors que ses prédictions s’avèrent correctes et qu’elle n’est effectivement pas en état de repartir en vadrouille. Ils ont plusieurs jours de marche avant de pouvoir retrouver la trace du camp de Neha et il faut de l’énergie pour s’y mettre vu l’environnement dangereux qu’ils vont devoir affronter. Alors elle discute avec Neha dans sa tête en comptant les fissures dans la roche. Elle joue avec ses lames, les polis maladroitement, se retrouve souvent à attendre Dagan, à son plus grand damne. Elle déteste se sentir inutile presque autant que de se sentir redevable et la combinaison des deux la rend quasiment folle. Elle s’ennuie en plus de tout, chose dont elle n’a pas non plus l’habitude — elle n’a jamais eu ce luxe. Dagan passe pas mal de temps en dehors de leur cachette, il ramène à manger, souvent très peu et lui laisse la part du roi sans un mot ce qu’elle n’a pas la générosité de contester. Elle n’aime pas l’idée que ça puisse être un acte de charité de sa part non plus, mais objectivement elle a besoin de force pour se remettre et elle a besoin de se remettre vite pour qu’ils puissent reprendre la route. Et puis, elle a trop faim pour se poser des questions. De temps en temps en son absence elle se lève pour faire des tours de la grotte — de toute façon, elle en sort maladroitement pour faire ses besoins — et tester les limites de son corps affaibli. Et puis, enfin elle se sent assez forte un après-midi pour aller se laver, faire une lessive improvisée au passage également, nettoyant la veste de Dagan au passage parce qu’elle l’avait sous la main. Il pourrait prendre ça comme un remerciement masqué, mais elle s’en fiche de ce qu’il peut penser. Ce soir-là ils mangent mieux que les jours précédent. Le plus dur pour Meera toutefois ce n’est ni le fait de ne rien pouvoir faire, ni la douleur, ni la faim, ni rien de tout ça. Le plus dur c’est de le laisser s’occuper de ses blessures.

Elle n’a pas le choix, c’est ce qu’elle se dit à chaque fois. Elle n’a pas le choix, elle n’a pas accès à tout d’elle-même et elle a besoin de cet onguent pour aller mieux. Alors elle le laisse faire, en grinçant des dents et en ne découvrant que le strict nécessaire de son corps pour lui laisser accès à la zone meurtrie. Ça la dégoûte qu’il la touche, ça la met mal à l’aise qu’il essaye de la soigner alors que sa pire blessure — même encore aujourd’hui à ses yeux — c’est lui qui l’a lui a infligée. La cicatrice de sa brûlure, aucun onguent ne peut plus l’effacer. Mais grâce à ça, et au fait qu’il ne compte que sur lui-même pour chasser et ne lui demande rien d’autre en retour que de se reposer, elle va mieux, suffisamment pour pouvoir marcher un peu chaque fois qu’il s’absente et même, un jour, pendant son sommeil. La rivière n’est pas loin du tout, elle est même visible depuis la grotte, alors elle retourne s’y laver, notamment ses cheveux sales et emmêlés qu’elle n’a rien pour démêler malheureusement et puis polir ses lames sur une pierre un peu plus adéquate. Elle en profite pour récupérer celle qu’utilise Dagan depuis le jour où il l’a sauvée de l’ours, la nettoie et l’aiguise au même titre que les deux autres. Elle s’assure que chacune d’entre elle brille bien, chose facile quand le soleil tape si fort. Elle aime bien ceci dit. Ça n’a rien de trop familier. Le fog empêchait souvent les rayons de percer à Néodam et à Altéa il est plus doux. Mais elle aime bien. Elle sait que, dans les contes que racontait Maman Kolisnychenko à sa fille avant de dormir, reterçant les légendes de contrées aujourd’hui perdu mais dont elle disait venir, le soleil avait une place importante. Il brillait tout le temps. “ Enjoying the sun? ” Mais le soleil ça brûle, aussi.

Elle rouvre rapidement les yeux qu’elle avait machinalement fermé en levant le menton vers l’astre comme pour mieux profiter de sa chaleur et les pose sur Dagan. Elle ne peut qu’imaginer ce qu’il doit penser en la voyant avec le couteau à la main, toute habillée et lavée, comme prête à partir. Elle n’a pas trop besoin d’imaginer en fait, parce que, comme tous ces jours passés dans la grotte avec lui, elle ressent. Elle essaye souvent d’en faire abstraction, de cette partie de Dagan qui cherche à s’immiscer en elle (et elle hait l’idée que l’inverse puisse aussi être vrai), mais c’est difficile, quand on passe ses journées en silence à ne rien faire. “ I think I can walk again. ” fait-elle simplement, ignorant sa question, mais lui offrant, elle pense, quelque chose de plus intéressant. Elle dit penser pouvoir, mais en réalité, elle sait pouvoir, sinon elle ne dirait rien. Les promesses creuses, ça n’est pas son genre. Elle baisse les yeux vers la dague. C’est une de ses préférées. Elle a blessé Dagan avec. Il l’a sauvée avec. Il les a nourri avec. Elle n’a pas envie de la lui donner. Elle déteste donner ce qu’elle a, le peu qu’elle a. Et lui, elle le déteste. Elle n’a aucune raison d’être généreuse avec lui le moins du monde. Elle fait tourner la dague entre ses doigts habiles. Elle a les deux autres, déjà rangées dans des poches secrètes de son pantalon. “ I polished and sharpened it. Give it back to me when we find Neha or Jeremiah. ” Elle la lui tend, pommeau d’abord. S’ils doivent faire le chemin ensemble, il faut qu’il puisse se battre, se défendre, ou attaquer. Et elle préfère encore lui prêter quelque chose plutôt qu’il utilise son feu maudit. “ Ready to go? ” Enchaîne-t-elle presque aussitôt, comme pour l’inciter à ne pas trop s’attarder sur son offre.

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Meera rouvre les yeux et Dagan s'immobilise, s'attendrait presque à ce qu'elle lui saute dessus pour lui faire la peau. “ I think I can walk again. ” Il attend une seconde et puis hoche la tête très fermement, rapidement, essayant de compartimenter ses émotions. C'est important de savoir faire la part des choses quand on est firebender, de ne pas abuser d'émotions trop fortes (ce que Dagan n'est jamais parvenu à faire, au grand damn de son entourage). Il sait que si il permet de ressentir des choses trop fortes, Meera l'entendra. Tout comme il peut parfois l'entendre — ses doutes, ses colères, ses moments de joie aussi (plus rarement). Il essaie d'enfermer son inquiétude, mais il ne pense pas qu'il y arrive très bien. Elle peut marcher, ça peut dire qu'elle peut se débrouiller seule, ça veut dire qu'elle n'a pas besoin de lui, ça veut dire qu'elle va partir. Non? “ I polished and sharpened it. Give it back to me when we find Neha or Jeremiah. ” À sa grande surprise, Meera lui tend la lame pommeau d'abord. Dagan ne sait pas réagir pendant un instant. “ Ready to go? ” Il hoche la tête lentement. “ Yeah. Yeah, let's go. ” Il fait tourner la dague entre ses mains, ne la remercie pas. Ils savent tous les deux que ce serait superflu. Maintenant, tout est à propos de survie. Il retourne dans leur grotte récupérer ses affaires, sa veste surtout, et puis juste comme ça, ils s'en vont. Vers où, ils ne savent pas encore.

Il leur faut quelques jours pour trouver leurs marques, Neha les aidant grandement à travers Meera. Jeremiah les visite aussi, leur donne des astuces et est rassuré quand Meera lui dit qu'ils ont quelqu'un sur qui compter, Meera, à proximité et qu'il n'a pas besoin de venir les chercher. Kareem est inquiet, surtout quand les maux de têtes deviennent très intenses pour Dagan et les saignements de nez importants chez Meera; ils apprennent plus tard que c'est à cause de la radioactivité de la Terre, la peau leur gratte, les brûle parfois. À chaque fois qu'il boit de l'eau naturelle, Dagan sait qu'il est en train de rayer des semaines entières de sa vie. Peu importe, il faut survivre, retourner sur Altea et là-bas... les docteurs pourront l'aider non? Il essaie de rester positif, même si il a souvent des maux de têtes et des vomissements, surtout une semaine où ils se trouvent près d'une zone qui — ils le découvrent plus tard — est extrêmement radioactive. Sa peau le démange pendant la nuit et une fois, alors qu'ils dorment dans un abri de fortune dans une nouvelle grotte, il se réveille brutalement parce que Meera est à moitié sur lui dans son sommeil. “ What are you do-- ” Il ne finit par sa phrase quand il comprend qu'elle l'empêchait de se griffer le visage pendant son sommeil. Il la repousse rudement et ils ne se parlent pas pendant les trois jours à venir alors qu'ils s'éloignent de la zone dangereuse. Alors qu'ils sont en chemin vers les Seekers et Neha, l'état de Dagan empire un peu, la plaie de Meera se rouvre un peu et ils sont sur le point d'abandonner et de se laisser mourir (Dagan du moins) quand Kareem a une idée de génie: éteindre ses écrans d'ordinateur.

Enfin, pas vraiment. Il éteint ses jeux et les écrans qui lui permettent de travailler pour à la place, démarrer... Google. Youtube. Il commence à regarder des vidéos et suivre des tutoriels et il apprend à Dagan et à Meera, prenant parfois leur place (ou leur donnant sa place pour qu'ils puissent examiner les sources de premier main) à dépecer des animaux ou fabriquer un appât pour poisson d'eau douce ou recoudre une plaie, ce que Dagan finit par faire à Meera qui se mord le dos de la main pour ne pas hurler. Lentement mais sûrement, ils s'approchent des Seekers et au final, ne sont plus qu'à un jour de marche quand la fatalité leur tombe encore sur le coin de la gueule.

Ils sont en train de camper pour la nuit autour d'un feu fait par Dagan. Il est en train de cuire des morceaux de viandes d'animaux impossibles à identifier (Jeremiah leur a donné leur nom vernaculaire mais Dagan n'a pas retenu, inutile) pour leur journée de demain, en faisant des brochettes, alors que Meera est en train de coudre avec une aiguille et une corde de fortune des protections avec la fourrure et le cuir qu'ils ont récupérés. Elle se tient à distance raisonnable du feu et ils ne parlent pas, mais Dagan sait à quoi elle pense. Leur lien s'est approfondi, durant ces deux semaines qu'ils ont passé sur Terre. Ils ne parlent même plus: parfois, il leur suffit de se regarder pour se comprendre. Il peut sentir ses émotions comme si c'était les siennes, d'une manière plus profonde qu'avec les membres du cluster. Il sait que, alors qu'elle st en train de coudre, elle parle à Neha. Il ne sait pas comment l'expliquer. Il le sait juste.

Leur cluster a pris l'habitude de garder un oeil sur eux, au cas où, pour être sûr qu'ils ne soient pas en train de mourir... ou de s'entretuer. Ça ne risque pas d'arriver. Ils se parlent à peine, se menacent encore moins. Ils ont besoin l'un de l'autre pour survivre. Dagan est perdu dans ce monde, et Meera est trop faible pour survivre seule. Il est en train de finir sa dernière brochette quand une odeur commence à lui parvenir de l'est, la direction du camp des Seekers. Une odeur étrange de souffre. Il fronce un peu les sourcils mais il ne relève pas. Peu importe, il a senti pire et vu bien pire encore ces dernières semaines. Ça n'a pas d'importance.

L'odeur devient de plus en plus puissante et il sait que Meera la sent aussi: ils échangent un regard curieux, mais rien de plus. Ils reprennent leurs activités quand tout d'un coup Jeremiah les visite en panique. “ Remballez tout, c'est une pluie acide! Vite!!! Vu l'odeur, elle est proche, dépêchez-vous!! ” Au début, ils ne comprennent pas ce qu'il est en train de dire... et puis finalement ils se mettent à courir, laissant les restants de feu derrière eux et embarquant leurs maigres affaires comme ils peuvent. Ils n'ont même pas de sacs, ils prennent juste ce qu'ils peuvent, Dagan jurant quand il fait tomber un peu de nourriture. La pluie acide et toxique est juste derrière eux, ils sont partis trop tard. Ils courent littéralement pendant des heures, se reposent à peine, ils ne savent même pas où ils sont, où ils vont, Jeremiah lui-même ne peut pas les guider. Ils finissent par trouver refuge dans une nouvelle grotte, plus étroite encore que les précédentes, ils y tiennent à peine à deux sans rien qui ne dépasse. Dagan met sa veste à bout de bras pour les protéger et il peut sentir l'acide tomber dessus de temps à autre, commencer à entamer le cuir de fine qualité... Ils ne tiendront pas longtemps. Ils sont nez-à-nez pendant des heures, respirent dans la bouche l'un de l'autre, l'air devient rare et puis il devient piquant, acide, alors que l'air toxique extérieur s'immisce à l'intérieur. Mais ils ne bougent pas et ils ne disent rien et même Jeremiah et Kareem se taisent, retiennent leurs souffles en même temps. Meera est sur le dos, Dagan est assis sur elle, son dos et ses abdos lui font mal alors qu'il garde la veste au-dessus de sa tête pour couvrir l'ouverture de la grotte. Il ne fait que regarder Meera pendant ces longues heures, se concentre sur elle pour ignorer la douleur et la peur. Et quand finalement la pluie s'arrête, il s'écroule sur elle.

Sa veste est ruinée, elle a des trous partout, et ils finissent par la recycler en sac de fortune au grand déplaisir de Dagan bien entendu, mais il ne se plaint pas. Ils mangent un peu, grignotent, n'osent pas sortir — d'après Jeremiah, l'acide est encore dans le sol et va faire fondre leurs semelles et leurs chaussures, et l'air est encore trop toxique. Ils finissent par s'allonger l'un en face de l'autre dans la grotte pour se reposer. Au début ils se font face, au final elle se retourne et lui aussi, leurs dos se touchent, leurs fesses aussi. Ils somnolent un peu, n'y tenant plus, après des heures et des heures à courir, sans compter la journée bien chargée de marche qu'ils ont eu avant. Quand ils sortent de la grotte, il fait jour.

Il fait jour et ils ignorent où ils sont. Même Neha ne peut pas les aider. Ils ne savent pas si ils ont à l'est, à l'ouest, au nord, au sud de la position des Seekers. Ils sont au plus profond de la forêt et il n'y a personne pour les aider.

Pour la première fois depuis qu'il est gamin, Dagan a envie de pleurer.

Il sait que Meera le sait.

Ça rend la chose encore pire.

Ils ne parlent pas. Ils reprennent comme si rien ne s'était passé. Recommencent. Se remettent à marcher, un pas après l'autre, à avancer. Vers où, ils ne savent pas, mais ils avancent et ils progressent et ils survivent. Ils établissent des codes, des sifflets, des mouvements de main, alors qu'ils progressent à deux dans la forêt pour chasser. Le flanc de Meera finit par cicatriser grâce aux plantes aborigènes, les maux de têtes de Dagan recèdent un peu et les jours se transforment en semaines qui se transforment en mois. Ils vivent comme des... sauvages, en quelques sortes. Ils tuent pour survivre et récupèrent tout ce qu'ils peuvent des carcasses même radioactives, la graisse et la peau et la fourrure et la chair. C'est dégueulasse et Dagan déteste, il n'a jamais eu autant envie d'être végétarien. Mais au moins, grâce à leurs talents associés, ils ne crèvent jamais la dalle.

Son pouvoir réagit bizarrement sur Terre. Il est différent, plus instable, plus puissant aussi — il l'était déjà avant, ces deux choses-là. Alors il l'utilise moins, pour ne pas se blesser pour Meera qui de toutes façons déteste ça. C'est étrange, de survivre et de vivre sans son don, d'apprendre à vivre sans compter dessus. Mais il le fait, parce qu'il n'a pas le choix.

Ils trouvent des serpents à deux têtes, des champignons flottants fluorescents, des abeilles tueuses qui les pourchassent pendant deux jours entiers. Ils chassent des prédateurs qui font leur poids et leur taille, ils s'installent pour la nuit sur des branches d'arbres épaisses comme des murs. Ils parviennent à fabriquer deux sacs, deux besaces, qu'ils portent constamment autour de leur torse avec leurs armes. Ils essaient de faire un arc de fortune, en vain, malgré les multiples solutions de Kareem trouvées sur Google. La barbe de Dagan pousse et il fait confiance à Meera pour la couper, regardant partout sauf en direction de son visage quand elle le fait. Elle lui fait confiance aussi pour tresser ses cheveux quand ils sont trop longs et la dérangeant et qu'elle refuse de les couper — comme les siens à lui. Elle lui sauve la vie un millier de fois, et lui aussi en retour.

Et puis un jour, ils sont sur le même chemin qu'avant. En direction des Seekers. Ils ont théoriquement deux heures de marche — Neha est en train de marcher vers eux pour les retrouver en chemin. Quasiment quatre mois ont passé. Quatre mois. Sans téléphone, sans GPS, sans aide, sans rien. Juste eux deux, et parfois Neha, et parfois Jeremiah, et parfois Kareem. Les températures ont chuté, surtout dans la zone de la forêt prêt des glaciers centenaires. Ils ont finit par dormir l'un à côté de l'autre, recouverts d'une épaisse fourrure d'ours qu'ils ont tué ensemble. Au final, malgré toute l'aide qu'ils ont reçu, ils n'ont pu compter que l'un sur l'autre. Dagan sait ça.

Il sait qu'ils vont rejoindre Neha, maintenant. Ils ont retrouvé leur chemin, ils ont survécu. Il a dû perdre environ quinze kilos et tout son corps lui fait mal en permanence, à cause de la radioactivité qui lui donne des rougeurs constantes sur le visage, et à cause de la fatigue aussi. Les blessures qui n'ont jamais guéri: la fois où il est tombé et s'est éraflé, la fois où il s'est tordu le doigt, et des dizaines d'autres. Meera n'est pas dans un meilleur état.

Le soleil brille, ce jour-là. Dagan a chaud. Ils ont appris à tout laisser derrière eux progressivement, les choses qui ne servaient à rien, les choses qui prenaient trop de place. “ Don't think I'll need that anymore, ” fait-il brutalement. Sa voix est rocailleuse et le surprend autant que ça semble la surprendre elle. Il explicite sa phrase en lui tendant le couteau qu'elle lui a tendu des semaines auparavant.

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C'est fini, c'est enfin bientôt fini. Neha est sûre cette fois, ils sont si près de leur camp : this is where we go hunt sometimes! lui assure-t-elle à plusieurs reprises excitée, rassemblant déjà ses affaires pour venir les rejoindre à mi-chemin. Ils sont si proches, enfin. Ça leur est déjà arrivé une fois cependant, même s'ils n'étaient pas aussi près du but, ils n'en étaient pas loin du tout, sur la bonne voie, leur périple devait s'achever dans une journée ou deux à peine et puis tout s'est mis en travers de leur chemin. Le ciel lui-même s'est retourné contre eux. Pendant plusieurs jours Meera, si elle n'a rien dit, ni même fait mine de vouloir pleurer, les a sincèrement pensé maudits, tous les deux. L'idée ne l'a pas vraiment quittée, même s'ils s'en sont sorti après la pluie acide et les ours et les autres bêtes et l'eau qui les rend un peu malade et le soleil qui tape trop et puis le froid qui les fait trembler. L'idée ne l'a pas quittée même s'ils se sont mis à être un peu plus fonctionnels à deux, un duo plutôt que deux individus perdus ensemble. C'était déjà le cas avant la pluie, en réalité, même si elle l'admettait moins. C'est grâce aux autres aussi bien sûr, Jeremiah et Kareem et Neha qui leur ont permis de survivre et de s'allier. Sauf que cette alliance n'aide pas à la rendre à l'aise, loin de là. Ils sont maudits elle en est à peu près certaine ; elle l'a toujours pensé d'elle-même après tout, depuis qu'elle a été propulsée à Altéa depuis chaque petite péripétie de sa vie semble le confirmer. À la rigueur, elle pourrait être contente de ne pas être seule dans sa misère, mais la partager avec Dagan lui déplaît beaucoup. Elle ne veut rien partager avec lui. Mais elle n'a pas le choix. Tout doit être partagé. Les repas, l'eau, les batailles, les nuits. Sa dague à elle, sa veste à lui. Ils s'aident, se sauvent la vie un nombre incalculable de fois et, de plus en plus, s'en même y penser, sans même essayer de les compter. C'est dérangeant, ça lui colle des frissons désagréable sous la peau quand ils sont trop proches parce qu'il fait trop froid, quand il glisse ses doigts dans ses cheveux pour tresser ses cheveux autrement indomptables, elle voudrait s'arracher le bout de ses propres doigts qui brûlent quand elle doit l'effleurer pour lui tailler la barbe.

Mais tout ça importe peu, essaye-t-elle de se convaincre, parce qu'ils n'avaient pas le choix et qu'au moins, comme ça, ils ont survécu. Elle pense qu'elle aurait pu s'en sortir toute seule, du moins avec l'aide du reste de son cluster et de sa jumelle, mais elle n'en dit rien. Peut-être parce que quelque part elle préférait ne pas être seule face aux serpents et aux abeilles et aux plantes carnivores qui ont failli lui dévorer la tête entière d'un seul coup. Il n'a pas trop utilisé son feu maudit devant elle, ça a aidé aussi, à calmer un peu Meera et ses yeux d'ordinaire si noirs quand ils se posent sur lui. Mais tout ça est bientôt fini, Neha s'avance vers eux, Meera le voit à travers ses yeux et puis elle le sent aussi, comme un fil entre leurs deux cœurs qui se tend parce qu'elles sont si proches. C'est très étrange, mais c'est aussi un bon guide, meilleur que n'importe quelle boussole pour être certaine que, cette fois-ci, ils approchent vraiment du but. Pendant des mois ils n'ont pensé qu'à ça, trouver un camp, des gens, presque n'importe qui au fond parce que ça voudrait dire qu'ils n'auraient plus à être ensemble et surtout plus seuls tous les deux. Ils se sont tellement focalisés sur ce but-là que Meera ne peut même plus imaginer ce qu'ils vont faire après ça. Retourner sur Altéa, si quelqu'un connaît un chemin. Or you could go home…, susurre déjà la voix de Neha dans sa tête, alors que Meera fait justement mine d'être distraite par une mouche trop insistante près de son oreille. Elle prétend ne pas avoir entendu, mais ne demande pas à sa jumelle de se répéter. Elle verra ce qu'elle fera quand elle sera sur le camp des Seekers, pour l'instant il faut encore qu'elles se trouvent.

Don't think I'll need that anymore, ” Meera sursaute presque à entendre la voix de Dagan, s'arrêtant aussitôt pour se tourner vers lui. Il parle si peu, ils se parlent si peu. C'est souvent plus sûr de se mouvoir en silence sur ces territoires inconnus. Et de toute façon ils n'ont pas grand chose à se dire, ni véritablement besoin de se parler. L'essentiel, ils arrivent à le comprendre d'un regard ou d'un geste. C'est étrange et désagréable pour Meera d'avoir l'impression de connaître Dagan et qu'il la connaisse en retour, mais surtout qu'ils s'entendent, pensées et émotions l'un de l'autre. C'est trop utile pour qu'elle puisse chercher à l'empêcher, à renforcer ses murs, leur lien leur a beaucoup servi ces dernières semaines, peut-être même qu'ils seraient morts sans. Mais maintenant que le voyage prend fin elle se permet de s'inquiéter un peu de ce qu'ils ont laissé se créer, se renforcer même ; cette chose qui a commencé à Altéa, le jour où la terre a tremblé. Ce qui étonne le plus Meera toutefois ce n'est pas tant le fait que Dagan s'adresse à elle à voix haute, ni la texture de sa voix probablement due au fait qu'ils parlent tous deux si peu, mais plutôt ses mots accompagnés du geste : il lui rend sa dague. Elle pourrait prétendre avoir oublié qu'elle la lui avait donnée, mais ça serait mentir. Elle l'a vu l'utiliser pour chasser et les nourrir, pour se battre et les sauver. Elle l'a vu la polir et l'aiguiser presque avec le même soin qu'elle-même y aurait porté. Elle l'a vu et ça l'a beaucoup agacée au début, parce que c'est sa dague et qu'elle n'a pas l'habitude de la voir dans les mains d'autrui, et parce que peu de "autrui" lui sont aussi peu appréciables que Dagan. Et puis, elle a fini par s'y habituer. C'est difficile à admettre comme à réaliser — et elle ne le fait réellement qu'en cet instant précis quand ses yeux sont presque surpris de voir apparaître l'arme. Mais c'est vrai. “ We haven't found Neha yet. ” Elle s'entend répondre, s'étonne de sa propre réponse. C'est vrai pourtant, ils n'ont pas encore trouvé Neha, même s'ils sont si proches, même si ce n'est plus qu'une affaire d'heures pas plus. Mais tout peut arriver en attendant et si Meera n'a certainement plus besoin de Dagan pour continuer le reste du chemin, l'idée de le laisser sans défense ne l'attire pas autant qu'elle aurait pu il y a quelques semaines encore. Ils ont commencé ensemble, difficilement, ont survécu l'impossible, autant en finir. Et, juste comme ça, elle se remet à marcher, préférant se concentrer sur ses pas et les alentours et l'aura si proche de sa jumelle.

Finalement il ne leur faut pas qu'une demi-heure de plus pour la voir apparaître un peu plus loin, la silhouette petite et élancée trop reconnaissable pour que le moindre doute subsiste — de toute façon Meera sent que c'est elle. Quand elles ne sont plus qu'à quelques mètres, les deux ralentissent la cadence (elles courraient presque) s'observent, et puis d'une même impulsion se tombent dans les bras. Le geste est aussi soulageant que déstabilisant pour Meera qui n'a tout simplement plus l'habitude des marques d'affections, surtout physiques. Mais en cet instant précis elle n'a pas réfléchi et elle n'a pas non plus pensé comme elle le fait depuis des années, comme la gamine des rues d'Altéa, numéro deux des Sister Morphine. Non, elle a juste agi, de manière impulsive, émotionnelle même, comme l'enfant de Néphède qu'elle n'a finalement peut-être jamais totalement cessée d'être. Celle qui a toujours senti autre chose dans sa tête et dans son cœur, l'impression de vivre deux vies. L'étreinte est puissante, elle lui donne l'impression que, physiquement, Neha lui offre quelque chose, un peu d'énergie peut-être, mais elle est également brève. Elles se reculent chacune d'un pas pour se regarder, grands yeux pleins de curiosité. “ You're pretty. ” Meera bat des cils devant le sourire de son double et puis, pour la première fois depuis des semaines, des mois même, elle rit. Un son léger, fragile, qui s'envole l'espace de quelques secondes et disparaît. “ Want to thank yourself for that compliment or…? ” plaisante-t-elle en secouant la tête alors que Neha lui tire outrageusement la langue, lui arrachant une risette.

Hello Dagan. ” Neha devient-elle pourtant sérieuse en regardant le compagnon de sa jumelle, non sans un léger sourire malgré tout. Meera sait ce que Neha ressent ; gratitude parce qu'il l'a aidée à survivre, et elle hait le savoir et le sentir parce qu'elle sait qu'elle devrait ressentir la même chose et en plus fort encore. Elle se hait parce que c'est justement le cas. “ We should go if we want to find camp before dinner. I trust you're both hungry eh? ” Neha fait la conversation pour trois, semblant comprendre qu'ils n'ont plus l'habitude de contact humain outre l'un l'autre, et d'une vraie voix et d'une vraie présence pour les accompagner. Alors elle parle seule, bien plus bavarde et joviale que sa jumelle cosmique — Meera se demande souvent si elle serait devenue comme ça, elle aussi, si elle n'avait pas été punie par Dieu et envoyée sur Altéa — leur explique les quelques règles qui existent sur le camp et leur dit quelques mots sur chacun des membres de la bande. C'est un peu redondant pour Meera bien évidemment qui a déjà beaucoup vécu à travers Neha, mais elle ne dit rien, satisfaite de ne pas avoir à penser pour une fois, de pouvoir simplement suivre les pas de quelqu'un de confiance. “ I like your braids, by the way. ” Elle met trois secondes à réaliser que c'est à elle que l'on s'adresse et hausse les épaules avec un vague “ uh thanks.” Peut-être que si ses joues n'étaient pas déjà rouges à cause de la chaleur et de leur longue marche, l'on pourrait les voir se colorer un peu. Dagan les a tressé l'avant-veille après qu'ils se soient arrêtés pour se laver dans une rivière. Cette fin d'après-midi là, elle lui a aussi rasé la barbe avec une de ses lames, une activité qu'elle n'avait jamais même essayé avant lui ; étrange de ne pas chercher à percer la peau avec ses dagues. Surtout la sienne à lui. Il essaye toujours de ne pas la regarder dans ces moments-là et elle est obligée de le faire elle pour ne pas se rater, mais elle ne regarde jamais que ses joues, que le carré précis de peau dont elle s'occupe, en essayant de ne pas respirer trop près de son visage. Elle se souvient que cet après-midi-là elle s'est fait la réflexion que ses cils aussi étaient très longs, traçant comme des traits sur ses pommettes quand il ferme les yeux. You ok? shut up. Le reste du trajet se fait en silence, mais ça n'est encore qu'une poignée de minutes, le bruit du camp précédant son introduction devant leurs yeux. Dagan avait parlé de trouver un semblant de civilisation et elle imagine que ça correspond assez bien à l'idée ; pêle-même de tentes et voitures au milieu d'une clairière clôturée d'un côté par une montagne s'ouvrant sur quelques cavernes, et dans l'une d'elle…

Meera est (heureusement) interrompue dans ses pensées par une jeune femme brune qui court vers eux et s'arrête les mains sur les hanches : “ At fucking last! ” L'accueil est rendu plus chaleureux par le sourire qu'elle leur offre, surtout quand ses yeux brillants se posent sur Meera. “ No fucking way Neha she really does look just like you!No kiddin' ” Neha roule des yeux et puis leur fait signe d'avancer alors qu'elle laisse celle que Meera comprend être la fameuse Zazala leur expliquer le fonctionnement du camp.

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knives drawn pistols blazing.
Some people steal to stay alive, some people steal to feel alive. Simple as that. I steal for freedom. I suppose that's a bit of both.
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deera#2 - once as a tragedy and again as a farce
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