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multivers futuriste, dimensions parallèles liens physiques et cosmiques avatars réels 200*320 diversité à favoriser 3 jrs pour poster la fiche, 7 jrs pour la remplir, délais autorisés parrainage et entraide 300 mots minimum en rp 2 rp par mois nos playlists.

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 (Adelia) Phantom of borrowed life

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Circanem/Zadig Fesses.

Keren Adelia Aranyfc : January Jones ; ©️️️ unicorn ; Moons unique
60%FIDELE
95%DOCILE
75%INTELLIGENTE
58%RENFERMEE
70%CREATIVE
100%DESENCHANTEE
80%PATIENTE
77%DEVOUEE
   
Nom complet Il fut un temps, Adelia répondait à Keren, avec un sourire innocent, une douceur farouche sur les lèvres. Rangé, le nom de naissance. Rangé dans un coin de sa tête comme une sonorité honteuse aux origines impies. Bien plus doux à l'oreille est Adelia, plus noble dans l'exécution, plus harmonieux avec le nom qui est désormais sien. Adelia Arany, c'est comme un choix de Lazar, une autre décoration qu'on arbore, chapelet de syllabes qui danse sur la langue. Elle a changé parce qu'elle l'a voulu, l'échine s'est pliée d'elle même, dans la crainte ineffable du refus. Est-elle assez bien, maintenant ? Est-elle digne de parader au bras du Prince, d'être la Reine sans trône, la couronne factice, bancale ? Surnoms A sa connaissance, elle n'en a aucun. Soigneusement, ceux qui pouvaient la nommer différemment on levé le camp. Lentement, les mânes de son ancienne existence se sont effilochées. Disparues, envolée. Il ne reste qu'Ade, qui échappe, parfois, insolent et brutal, s'attire un froncement de sourcil. Elle n'a pas choisi un nom pour qu'on lui fasse l'affront de l'amputer d'une partie. Naissance Née le 23 Mars 1974 à Vega Dorada de parents investisseurs dans la cité décadente, Adelia a 43 ans. Des minutes à revendre et du temps cruel, pourtant. Le temps qui s'épuise, la beauté fanée. Elle en est sûre, elle n'est plus aussi désirable. Qu'arrivera-t-il si elle se flétrit, si Lazar trouve autre femme plus jeune, plus belle ? Alors Adelia répare, Adelia comble, Adelia s'accroche, des chaînes par dessus celles qu'elle a déjà, une haine vouée au Temps. Héritage culturel Il y a derrière les boucles blondes et les iris bleus tout un héritage qui faisait d'elle une Einhorn. Sous les R appuyés qu'elle a emprunté par mimétisme à son mari, pour se fondre toujours plus dans la peau des Arany, on trouve encore les voyelles sifflantes, l'accent chantant de Keren. Parfois les R trébuchent et roulent au lieu de tonner. Parfois les fins de phrases s'envolent, lyriques et douces. Puis elles retombent, s'oublient dans un abaissement du menton, un raclement de gorge. Honteux, vaseux. Par héritage autant que par éducation, le port de tête restera altier, "fier mais pas trop", dans la pure tradition familiale qu'était celle de cultiver l'art d'être une tapisserie de luxe. On porte les standards hauts mais on ne vise pas plus haut que le plafond. On laisse le Soleil tourner tout seul. Après tout, on n'est jamais qu'un astre qui gravite autour. Statut L'inutile est Mariée, liée, attachée. Otage de ses propres erreurs, elle se dévoue corps et âme au mari Empereur. Lazar est sa raison d'être, exister, respirer. C'est ainsi qu'elle l'a voulu, mettre ses pas à ceux d'un autre, dans le confort des ombres, des décisions prises pour elle. Elle est mère aussi. Belle-mère, plutôt mais la différence n'est là que pour signifier à Mikhaïl qu'il n'est pas vraiment légitime. Elle a accepté le bâtard, Adelia. Dès qu'elle la vu, à vrai dire. Elle l'a accepté simplement parce qu'il n'y avait rien d'autre à faire, une des rares fois où elle s'est vue nager à contre-courant. Orientation D'une certaine façon, la question ne s'est jamais vraiment posée. Adelia est la compagne du Roi, un trophée que l'on arbore, silencieuse possession. Dans l'absolu, l'Astre pourrait être mâle, femelle ou indéterminé, ça ne ferait probablement aucune différence. Une plante verte n'a pas d'orientation si ce n'est celle du Soleil. Finances $$$$$$. Fortunée, elle l'est certainement. Sur son poignet se pare d'heures à ne plus savoir qu'en faire. Et elle n'en fait rien, dans cette passivité cultivée qui est la sienne. Adelia accumule les secondes qu'elle gâche ensuite en les fixant simplement s'égrainer, avec un immobilisme indécent.

Univers Adelia n'a jamais connu autre chose que Sigan. Elle est née à Vega Dorada et s'est finalement laissée portée jusqu'à New Brazilia. Occupation(s) Loin le temps où Adelia avait une occupation. Elle était Nez pour une célèbre enseigne de parfumerie, fierté qu'elle se gardait bien d'afficher mais qui brûlait, là, discrète, au creux de ses reins. Lointain souvenir des senteurs sauvages, lointain souvenir des effusions créatrices. Du temps passé, il ne reste plus qu'un ennui crasse, une odeur métallique et du gris. Toujours du gris. Heureusement que le Soleil est là pour l'éclairer. Particularités Le corps est marqué, légèrement, discrètement. Les griffures écarlates le long de l'aine, remontant jusqu'au nombril. Les sillon pourpres sur le poignet droit. Puis il y a les odeurs. Ou plutôt leur absence. L'odorat n'est plus depuis près de 7 ans. Il a disparu et n'ai laissé derrière lui que des cicatrices au visage, un vide abyssal. Sur la tempe les sillons livides côtoient les rides, un éclat d'ivoire là où elle mettrait le canon d'une arme. Une estafilade douce amère sur l'arête du nez, d'un oeil à l'autre, qui s'efface d'un coup de maquillage habile mais que la chirurgie ne saurait réparer. Elle refuse d'y toucher, par peur d'empirer les choses. Et depuis elle se meurt, s'accroche aux lambeaux d'une vie tracée, aux décisions que Lazar prend pour elle. Plus simple. Adelia prend les pilules qu'il lui tend, ingurgite le bonheur en capsule, jusqu'à ne plus pouvoir fonctionner sans, à s'arracher le cerveau si la matinée se passe dans le manque. Ca ne rend rien, ça n'anime pas plus son monde mais ça fait oublier qu'il n'a plus rien à proposer. Trop lâche qu'elle est pour autre chose. Trop immobile. Lien(s) cosmique(s) Sur son avant-bras droit se déroulent les ronces diaphanes, marque naissance un peu trop évocatrice, vivantes, presque. Stigmates d'ivoire sur l'épiderme laiteux, elles dansent un peu au rythme de la soulmate qu'elle ignore, frappées au poignet seulement d'un vestige carmin laissé par le déni. C'est qu'elle voulait l'arracher, la vermine rampante. C'est qu'elle voulait s'en débarrasser si elles ne s'accordaient pas aux pas de Lazar.Keywords peur, odeurs, dépendance, ignorance, immobile, silence, gris, passive, Temps, fleurs, saisons, docile, voleur, fumée 


we are all astronauts Old soulManières surannées, existence fanée, l'esprit brillant étouffé, une ancienne âme coincée dans le marbre aux nervures épuisées. On a perdu Adelia dans les méandres de son propre dédale. Victime et bourreau, elle s'impose les règles héritées avec une morne obéissance. Il n'y a pas de révolution dans le fond des iris délavés, une acceptation tacite de ses propres entraves avec un sourire social, décoration que l'on arrange selon ses désirs. Conforme, ordinaire. Sourire, suivre, adapter. Rinse. Repeat.
Words
iEcris ici tes anecdotes si tu prévois de garder le deuxième post pour une histoire (sous forme de passages rp ou autre), ou une chronologie si tu préfères réserver les anecdotes pour détailler le parcours de ton perso.


once red is now blue
Mars 1974

Sous les meilleurs auspice naît la nouvelle rose au jardin des Plantes que cultivent religieusement les Einhorn. Comme toutes les autres, la fleur est jolie, elle sent bon.

Elle est surtout tout aussi dénuée d'épines que ses aînées, espère-t-on. On promet qu'elle sera bien la dernière, l'exotique. Assez de serres à coloniser pour toute une génération.


Mars 1980
6 ans

La princesse marche dans les ombres. Elle se joue du clair-obscur, tâtonne la place qu'on lui offre sur un plateau. Celle qu'elle ne veut pas saisir. Elle trouve cela absurde, déjà, cultiverait la différence si elle le pouvait.

Il y a ses yeux qui divaguent vers le flou, envient les lumières vacillantes, les courbes obstinées des bâtiments aseptisés. Keren envie tout qui ne soit pas l'implacable fratrie, opposant une insolence florentine au premier ordre qui s'impose. "Non", elle ne veut pas rejoindre et servir le thé. Le froncement de sourcils mutin se défroisse sous la brûlure de sa joue. "Non" lui assène-t-on en écho. Elle ne dicte pas les règles, elle ne fait que suivre.  


Nov. 1983
9 ans

Elle a travaillé si dur, classes traversées, sautées sans s'y arrêter, la première place arrachée à tous les autres, pour briller plus fort. Etoile morte qu'elle est déjà, astre filant pour lequel on ne formule nul autre voeu que celui de poursuivre sa course, d'entrer en orbite avec plus grand qu'elle.

Tu n'es pas le soleil. Ca claque à son oreille. On lui a probablement dit autre chose mais elle traduit, une brûlure sur les tympans qui lui traverse le cerveau. L'esprit est martelé de reproches. Tu ne penses qu'à toi, Keren. Bien sûr. Les réponses acerbes écorchent les lippes sans pouvoir s'en échapper. Les mots trébuchent, maladroits, amers, jusqu'à ce que s'abaissent les épaules, fléchisse la volonté. Keren n'a aucun répondant, l'esprit brillant n'est qu'une nébuleuse déjà éteinte.


Juin 1987
13 ans

Qu'elle est douce et docile, Keren. Ennuyée. La grâce qu'elle emprunte à ceux qui la précèdent, parasite dévorant tout sur son passage, au crochet des existences passées, au diapason des envies héritées. Le rosier étouffe les plantes adjacentes, à trop leur voler le soleil. Elle s'érige en virtuose, parfaite imitation de ce qu'elle voit, entend, ressent.

Un, deux, trois. Le tempo respecté à la lettre. Un, deux, trois. Treize ans et son violon est vertueux. Elle aurait pu choisir autre chose, Keren, mais elle a pris le même instrument que son aînée, par mimétisme voleur.

Sur les traits, elle lit un mélange d'admiration et de colère. Alors l'archet trébuche rapidement, fausse note habile qu'elle place, conforme aux attentes, copie carbone des ambitions ordinaires. N'était-ce pas ce que l'on attendait d'elle après tout ? L'ordre impérieux pour lequel elle a plié l'échine docile. Pourquoi ne fais-tu pas comme tout le monde ? Exaucé.


Avril 1990
16 ans

Sur son poignet s'est activé le compteur. Par défaut, elle n'a plus que vingt-quatre heures et s'amuserait presque à risquer ses dernières secondes à la roulette, comme tous les insouciants de Vegarada, si elle ne se complaisait pas plus dans l'immobilisme. Par pur hasard, l'indolente a découvert que le temps qui passe avait une odeur. Ses seize ans ont une odeur aussi, doux rappel d'amande amère, de frangipanier en fleurs et de violette. De celle que l'on ne sent qu'une fois et qui ne revient jamais. Elle se prend de passion pour ces senteurs qui envahissent même les milieux aseptisés. Les riches de Vega Dorada exsudent l'or liquide en effluves ambrées, la mélancolie s'enveloppe d'un carcan de fleurs séchées.

Vient l'été. Vient l'hiver.
Sur son poignet s'est activé le compteur.
Mais maintenant le temps a une odeur.
Peut-être en a-t-il toujours eu.  


Sept. 1990
16 ans

La place d'éternelle seconde lui sied bien. Elle a fini par la trouver bien plus confortable, moins périlleux. Keren n'aime pas l'ambition par éducation, abhorre le risque par habitude crasse. Elle se complaît dans l'apathie cultivée, élevée au rend d'art.

L'ennui sent la craie, le liquide vaisselle et les madeleines brûlées de sa soeur. Il sent le projet de science raté que l'on n'a pas voulu admettre, ce relent de banane au fond d'un verre, de soufre et de chocolat que l'on cache sous le lit dans un acte rebelle. Les senteurs omniprésentes collent à l'être désabusé, humidité poisseuse, taguée à même la peau. Keren se parfume à l'ennui.


Août 1991
17 ans

Les envies juvéniles ont cédé la place aux choix réfléchis, au vampirisme insipide des désirs médiocres pour se trouver une substance. En ombre profilée, elle n'existe pas sans lumière, sans éléments externes pour affirmer sa présence. Docile, elle suit les prières autoritaires aux âcres vapeurs de ciste, les désirs étrangers du paternel, lourdes touches d'absinthe. Elle sent comme ça, l'autorité implacable et obsédante, à laquelle on ne peut échapper, note de fond à durée infinie. Ciste, patchouli, bergamote.

Cette fois, pourtant, elle a pris la décision seule, comme un éclat de fraîcheur. La poursuite de ses études à chercher le parfum idéal. Celui qui reflète le temps qui passe, les seize ans passés, l'ennui, le succès, la jeunesse qui jamais ne fane. On part pour New Brasilia, dans l'indifférence générale. On prend soin de simplement louvoyer sous la surface. Pas comme si on avait vraiment le choix, en fait. On ne sait faire que ça.


Avril 1992
18 ans

Elle l'a rencontré pour la première fois. Il est beau, Lazar. Il est riche, surtout. Il a sur la peau autant d'ambre que de fleurs fanées, l’absinthe qui le suit partout comme une route toute tracée. A vrai dire, elle n'a pas cherché d'elle même à le rencontrer. Ils ont été présentés, dans un mélange d'excitation nauséabonde et d'impatience désabusé. Dans l'ordre des choses, il paraît. Déjà fort d'un succès économique, il lui faut la famille qui s'accorde avec.

Il est très courtisé. Qu'on lui a dit et elle veut bien le croire. Il ne faudrait pas qu'elle perde l'opportunité, sa jeunesse déjà fanée. C'est qu'il dit qu'il la trouve belle. Il l'écoute, un peu. Elle aime cette façon qu'il a de trébucher sur son prénom, le R enroulé avec une douceur acide, une frustration teintée d'agrumes de ne pouvoir le prononcer comme il le veut. Elle s'électrise. Dansent sous ses prunelles les effluves toujours plus fortes, arabesques d'épices parfaites aux notes d'anis. A bout de souffle, enfin, parce que Keren est naïve, parce que Keren a besoin d'une lueur guide, elle se glisse finalement dans ses ombres, entre ses pas si grands. Lazar Arany reflète sa propre lumière, profile ses propres ténèbres. Roi soleil qu'il est.


Février 1992
18 ans

Lorsque le genou de Lazar a touché le sol, le coeur de Keren a manqué un battement. Pas parce que c'était trop prématuré, trop inattendu. Mais parce qu'il ne plie jamais l'échine, Lazar. Il fait plier aux autres, à briller trop fort. Mais cette fois c'est devant elle qu'il a courbé la tête avant de planter ses prunelles dans les siennes, le diamant aveuglant entre ses phalanges.

Dans ses entrailles, ça a remué. Du bout des lèvres, elle a murmuré un oui hésitant, métallique. Ca n'a visiblement pas suffit parce que Lazar s'est immédiatement redressé pour la toiser de toute sa hauteur, interrogeant à nouveau. Oui qu'elle a répété sans tanguer, voix claire, classique rose domestique. Lazar a hoché la tête, satisfait. Lazar sentait la bergamote.


Juin 1993
19 ans

Keren Arany n'est pas particulièrement harmonieux. Vapeurs d'absinthe et de ciste. Il n'a pas complètement tort.

Docile, elle a simplement changé. C'est si doux, Adelia, ça ne tranche plus les R. Ca sent la rose et le laurier, liaison parfaite avec le patronyme qui s'accole et qui chante dès qu'il est prononcé d'une traite, en chapelet de syllabe, comme un bijou. Ca sent la craie, surtout.

A son doigt brille l'alliance. Aussi neuve que son nom, aussi éclatante que la nouvelle existence, que le compteur à son poignet qui se pare déjà de minutes en trop. Beaucoup trop. Les louanges suaves exhalent de poivre mêlé de gingembre. Qu'elle est jeune. Qu'elle est douce. Comme une fleur, Lazar, prends soin d'elle. Comme la chance se partage entre les deux. Surtout la sienne. Il a la jeunesse à arborer à son bras. Elle ne manquera jamais de rien, Adelia. D'une inclinaison de la tête, elle accepte les allusions. Ils ont raison.


Déc. 1993
19 ans

Lazar aimerait un héritier. Dans ses phrases, ses gestes, ses effluves, la frustration pointe, notes de colère poivrées, essence de santal dans l'autorité. Il martèle, tous les jours, se morfond. Adelia aime tant Lazar.

Habituellement, elle obtempère sans objection, danse en synchronisation parfaite, sur la ligne qu'il lui demande de suivre. Elle aimerait tant lui donner ce qu'il veut, atténuer son ire par une offrande. Mais Adelia ne peut pas. Ses entrailles rebelles ne veulent pas porter de fruit, se plier à la loi universelle. Elle a déjà tout essayé. Même les pilules que Lazar donne, arc-en-ciel doux amer dans son assiette, matin, midi, soir. Sans succès.


Janvier 1995
20 ans

Elle cille alors que les flash crépitent autour d'elle. La grande main de Lazar lui dévore l'épaule, l'autre enserre ses doigts plaqués sur le landau. Pour empêcher la fuite, illusion chaleureuse, un peu trop brûlante. Mikhaïl Arany est son fils de façon officielle. Il ne lui ressemble pas. Mais il ressemble beaucoup à Lazar. Comme lui, il a ce nez volontaire, ces yeux plein de promesses.

Adelia a pleuré, lorsque Lazar est parti. Elle a pleuré encore lorsqu'il est revenu avec un enfant en annonçant qu'il était sien, dans un naturel gonflé d'évidence. Elle a hurlé, même. Adelia ne hurle jamais. Ses phalanges tremblantes se sont refermées autour du ventre défectueux, à en arracher la peau, les organes en panne. Elle a gardé sur l'épiderme quelques sillons carmin. Etait-elle déjà inutile à ce point qu'il était parti voir ailleurs ? N'avait-elle donc pas fait assez d'effort ? Que lui fallait-il donc de plus ? Elle a découvert que sa colère à elle avait une odeur aussi. Une odeur métallique, pimentée. Vetiver, gingembre et piment. Du sang dans les tempes, du carmin sur la langue. Adelia a hurlé jusqu'à ce que sa voix s'éteigne d'elle-même, que Lazar en profite pour lui glisser un nouveau tube coloré dans les mains. Depuis, elle ne parle plus.

Par réflexe, comme à chaque fois qu'elle regarde Mika, ses doigts descendent effleurer les stigmates vermillon. Essayent seulement. Parce que ceux de Lazar se referment sur elle. Sois sage. qu'il lui souffle au creux de l'oreille. On lui demande si l'enfant est sien, même si tout le monde semble connaître la réponse. Pas de commentaire, lui a-t-on intimé. Elle oppose le silence, impose un sourire.


Mars 1999
24 ans

Les enfants ont une odeur. Ou simplement Mikhaïl. Elle a sur sa table un flacon créé spécialement pour lui. Un peu de sa colère à lui, beaucoup de sa colère à elle. Poivre et piment en évidence. Gingembre, de clou de girofle et cardamome en soutien. Ouragan d'épices, frustration fougueuse. Il est venu comme ça, lorsque Mika lui a jeté ses jouets en pleine face, refusant d'être contrôlé, examiné. Elle s'est un peu revue à sa place ou presque. Réminiscence lointaine d'une flamme que l'on étouffe.

Adelia a cherché à le rassurer, tout en connaissant parfaitement la vacuité d'une telle action. Ce sera bientôt fini. Faux. Evidemment. Ce n'est jamais terminé quand on vit pour courber la tête. Elle ne voulait pas de l'enfant, un instant elle s'était même prise à rêver qu'il le garde en laboratoire et qu'elle n'en entende plus parler. Mais Mika n'est pas fautif. Et en l'espace de quelques secondes, sa colère a alimenté la sienne. Adelia a recommencé à créer.


Avril 2000
25 ans

Il ne l'a jamais appelée "Maman". Probablement parce que c'est ce que Lazar a planté dans l'esprit du garçon dès qu'il a été en âge de comprendre. "Belle-mère", elle a accepté le rôle avec une résilience obéissante, comme si elle n'avait pas d'autre choix, malgré la brûlure évident de quelques mots sur ses lèvres. Après tout, Lazar a raison. Lazar a toujours raison. Ses entrailles n'ont pas porté Mika, elle n'a pas eu le temps de se préparer à l'arrivée d'un enfant. Neuf mois passés en quelques secondes, claquement de doigts. Elle n'aurait jamais vraiment eu le droit de porter le titre. Terrible marâtre, figure honnie des contes, elle n'est qu'un substitut pour le Prince. Une marionnette aux mains du Roi. Mais le Roi Soleil est tout ce qu'elle a. L'aimera-t-il un jour autant qu'elle lui offre son existence ?

Maintenant Mikhaïl sait. Du moins il sait plus qu'avant. La confirmation est tombée comme un implacable couperet. Envolées les chances d'avoir une place différente. Envolées aussi, les questions existentielles. Pour elle, en tout cas.


Août 2003
29 ans

Elle a toujours tout donné, tout placé en offrande au Soleil dans une dévotion immodérée. Pourtant, cette fois, elle a hésité, longuement. Dans ses veines, le torrent de la révolte a brièvement grondé. Il a dévalé ses artères dès que le souhait a percuté ses tympans. Comme toujours, les désirs de Lazar sont des ordres. Impérieux commandement pour lequel elle a résisté quelques secondes à l'impulsion naturelle de ployer l'échine. Je veux que tu te débarrasse de Kori. Kori a toujours été là, il a suivi Adelia peu après la fin de ses études, de Vega Dorada jusqu'à New Brazilia. Dans l'ombre du laboratoire, Kori a assisté, Kori a supporté les pleurs silencieux, les échecs et les colères invisibles.

Mais Lazar n'a jamais aimé Kori. Il serait plus exact de dire que Lazar n'a jamais aimé l'engeance de Kori. Il n'a pas confiance et n'aura jamais confiance. Alors comme pour tous les obstacles potentiels qu'il ne peut pas dompter, il faut l'écarter. Et comme Adelia ne sait rien faire d'autre que suivre la course du Soleil, elle a simplement congédié Kori. A partir de maintenant, nous ne travaillerons plus ensemble. Elle l'a raccompagné jusqu'à la porte du laboratoire, ses affaires entre les mains. Puis les portes vitrées se sont refermées sur le dos de l'androïde. Peu après, un autre ordre lui a demandé de quitter le parfumeur. Et Adelia l'a simplement fait.

Les androïdes n'ont pas d'odeur, paraît-il. Kori avait la sienne. Kori a toujours la sienne. Là, dans un flacon. Douce cannelle, agaçante coriandre, vanille nostalgique. Kori sent le regret.


Août 2008
34 ans

Pour la première fois depuis longtemps, depuis peut-être jamais, Adelia a dit non. C'était plus un hurlement d'opposition, un cri primaire de défense et d'autre chose qu'un véritable "non" formulé avec clarté. Mais c'est un début. C'est sorti de ses tripes et ça ne s'est arrêté que lorsque le souffle lui a manqué. Si ses entrailles ont refusé d'accueillir un enfant, elles ont en revanche parfaitement bien porté la colère depuis plus de dix ans. Vetiver, poivre et piment. Elle a regardé Lazar et Mika se battre, impuissante, incapable de prendre parti. Alors Adelia a hurlé. Ca les a arrêté net et l'enfant a pris sa chance pour fuir.

Lazar a fait payer l'opposition à son plus précieux sujet. Il a refusé de lui parler, refusé de la regarder pendant deux jours. Les traitres sont laids, tu sais ?. Parce qu'elle a refusé d'aller dans son sens. Une. seule. Fois. Elle se meurt, à l'ombre, sans les rayons salvateurs du Soleil. Elle garde le silence lorsque Lazar lance la menace stérile de ne jamais laisser revenir son fils. Il n'oserait pas, il n'a pas été le chercher dans le système pour le laisser tomber à la première rébellion. Mais elle ? Pourrait-elle réellement rendre coup pour coup ? Je fais ça pour vous. Bien sûr, Lazar.

Ses veines exsudent les épices d'une fureur ignorée, muselée dans un mutisme craintif. Les coups qu'elle donne percutent les murs du bureau qu'il a aménagé pour elle. Pour que tu ne t'ennuies pas. Il n'y a même plus Kori pour regarder l'ire se répandre, impassible. Sur les étagères s'accumulent les créations, moments volés, instants fugaces qu'elle collectionne avec une obsession malsaine. Mardi embaume de cannelle saupoudrée de camphre. Jeudi... Mercredi... Se mélangent les senteurs et les jours, l'indolence amère sur la langue, sur la peau.


Août 2011
37 ans

gris. gRiS. GRIS. Ca résonne dans sa tête, ça tambourine à sa poitrine. Torrent incandescent, rivière insatiable, une colère sourde, froide, sans odeur. Sans. Odeur. Est-ce vraiment la colère ? Il n'y a que ce goût métallique sur ses lippes, que cette odeur d'antiseptique mêlé de sang âcre dans l'atmosphère. Depuis qu'elle a de nouveau ouvert les yeux, l'univers a changé. Lazar la fixe avec un peu plus de remord, beaucoup plus de pitié, un peu moins d'affection. Il s'en veut, un peu, d'avoir réagit aussi violemment. Mais c'est sa faute, à elle, l'orgueilleuse, l'impudente.

L'Icare illégitime a volé trop près du Soleil, étendant ses ailes impies. Alors le soleil a brûlé. Lazar a frappé. Lazar ne frappe jamais sans raison. Son revers est parti comme il est toujours venu caresser la joue dans les instants d'oubli. Habituellement, elle ravale immédiatement les remarques acides, le souffle froid qui lui traverse l'échine. Pas cette fois. Ca a vibré dans tout son corps, ça a enflammé toutes ses artères. Comment osait-il la retenir encore ? Non. N'avait-elle pas déjà suffisamment donné ? Non. Mika n'était-il pas suffisamment grand ? Probablement pas. Oh. Elle vieillissait. Il fallait préserver. Sans doute. 


Août 2008
34 ans

 



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Titre bref au choixlyrics de chanson
citation au choixsoit trois
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facultatif


soit 4
tag
facultatif
tag
facultatif

Titre, date ou autre (facultatif) UC BLBLBLBLBLBLBLBLBLBL
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BLBLBLBLBLBLBLBL

russe
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Bienvenue ! happy
J'aime déjà beaucoup le début de ta fiche, vivement la suite !
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ngeonboie elle est si belle olalala tbe j'aime déjà beaucoup ce que je lis en tout cas ptikr bienvenuuuue sur SOD, si tu as des questions n'hésite pas à nous contacter par mp :shon: bon courage pour ta fiche et j'espère que tu te plairas parmi nous kr

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waw cute
quelles jolies plume et fleur tu nous présentes ici
j'ai carrément hâte de lire la suite et d'en savoir plus sur le lien avec mikha
j'espère qu'on aura l'occasion de se croiser yooo

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OMG ELLE EST TROP CLASSE iiih ce choix d'avatar... on dit vraiment oui iiih bienvenue parmi nous et bon courage pour cette fiche iiih fire j'espère que tu vas te plaire parmi nous, j'ai hâte d'en voir plus cute love

☾ ☾ ☾


if this is love, why does it break me down ?
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Je m'attendais pas à te voir débarquer en ces contrées sans avoir à venir te souffler l'idée first but you got me homie precious

My day is made with you here nab sobs damn

FAUDRA PARLEMENTER SUR LES DISPOSITIFS DE COMMUNICATION QUE NOUS AVONS EN COMMUN SUR LES INTERNETTES POUR TROUVER SOMETHING, ANYTHING, BETWEEN US BB popcorn2 heysexy keur

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i am the cosmos. I am the wind.
— But that don't get you back again...
just when I was starting to feel okay.
Now you're gone and I'm all alone.

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un autre nez hug c'est dommage qu'ils ne soient pas du même monde ils aurait limite pu être collègue par le passé.
j'aime le début, elle me fait de la peine à plus pouvoir sentir, j'suis curieuse de voir la suite. qt
bienvenue sur sod cutiepie

☾ ☾ ☾


( crawling back to you )
You’re in love with him, and he’s in love with you, and it’s like a goddamn tragedy, because you look at him and see the stars, and he looks at you and sees the sun. And you both think the other is just looking at the ground.


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(Adelia) Phantom of borrowed life
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